Iphone fold en décembre : apple rate le coche d’une année entière
On croyait le pli raccordé depuis longtemps. Apple débarque enfin, mais pile quand le marché des mobiles à rabat s’essouffle. La firme de Cupertino viserait une commercialisation en décembre 2026, soit trois mois après la vague habituelle d’iPhone, et surtout quinze jours avant que les tablettes de chiffres 2026 soient bouclées. Résultat : même l’optimisme béat des analystes peine à coller 28 % de parts de marché pliable sur le dos d’un seul produit qui n’aura que quelques semaines pour exister dans les stats.
Des millions d’unités sur le papier, pas dans les cartons
Counterpoint Research tablait encore l’hiver dernier sur une croissance de 45 % du segment à 35 M d’appareils écoulés en 2026. Apple, disait-on, en absorberait plus d’un quart. Mais la feuille de route fuitée par Mark Gurman repousse la disponibilité finale à la dernière ligne droite de l’année civile. Une cuvée trop tardive pour faire gonfler les volumes annuels : 5 M d’exemplaires, 10 M si Tim Cook force sur les cadences, mais 20 M relève déjà du wishful thinking.
Et pourquoi ce retard? Châssis, charnière, pile, caméra frontale cachée dans le pli : la fiche technique est verrouillée, mais la chaîne d’assemblage peine à atteindre les 500 000 unités par semaine qu’exige un lancement mondial. Le fournisseur chinois de l’écran ultramince, BOE, n’aurait pas encore validé le taux de rebut inférieur à 0,1 % exigé par Apple. Sans validation, pas de mise en production à grande échelle. Sans production, pas de stocks. Sans stocks, pas de septembre.

Le prix, la durabilité, et l’ennui du « déjà vu »
On parle de 1 699 €, soit 300 € de moins que le Galaxy Z Fold7, mais encore 500 € au-dessus du prix psychologique des « early adopters » d’iPhone. Pour justifier la note, Apple aurait rogné sur la certification IP68 et limité la couche de verre ultra-mince à 30 µm contre 50 µm chez Samsung. Conséquence : une rayure profonde à l’ongle fait débat sur les prototypes en test. Pour une marque qui a fait du « premium indestructible » un credo, le compromis risque de heurter les puristes.
Le design fuité ne séduit pas davantage les convertis du pliable. Même dimensions, même ratio, même bosse de capteur : l’iPhone Fold ressemble à un Pixel Fold copié-collé. Certes, iOS gommera la friction, mais la « wow factor » brille par son absence. Le public visé n’est plus celui qui claque 2 000 € pour tester : il s’agit des possesseurs de foldable qui rechignent déjà à renouveler leur appareil tous les trois ans. Or ces switchers ont vu passer trois générations de pliables sans sauter le pas; Apple n’apporte pas l’argument éclair qui les ferait basculer.

2027, La vraie cuvée?
Apple n’a pas vocation à planter le produit, seulement à caler sa courbe d’apprentissage. L’iPhone Fold générera, au mieux, un iPhone Air-like : des ventes honorables, un halo d’innovation, mais pas la déflagration d’un iPhone 4 ou d’un iPhone X. La seconde mouture, déjà sur les tables de Cupertino, héritera d’une charnière à micro-roulements, d’une dalle de verre céramique plus épaisse et d’un tarif ajusté. 20 M d’unités en 2027? Possible, à condition que le marché global dépasse enfin les 50 M. La bonne nouvelle : Apple a le temps, et surtout les liquidités, pour laisser mûrir le segment.
En attendant, Samsung prépare un Z Fold “Slim” à 999 € pour novembre 2026. Le message est clair : le roi du pliable compte bien sceller l’année avant qu’Apple n’ait ouvert sa première boîte. La guerre des écrans pliants ne fait que commencer, mais Apple arrive en séance de rattrapage, pas en première. Et dans l’univers tech, la primeur reste la seule donnée qui compte quand on additionne les parts de marché.
