Huang fait danser olaf sur scène et décrète l’ère des robots à personnalité
Ce n’était pas un hologramme. Olaf, le bonhomme de neige le plus célèbre du Royaume-France, a marché — vraiment — jusqu’au pupitre de Jensen huang, a plaisanté sur la chaleur du GPU et a salué la salle en levant son bras en carrote. En vingt secondes, Nvidia a transformé un gag en manifeste : les personnages de fiction deviennent des machines autonomes, et les parcs à thèmes, des usines à data.
Le moteur newton remplace la poudre de fée
Derrière le sketch, la plate-forme Omniverse injecte le moteur physique open-source Newton dans un corps robotique conçu par Disney Research. Résultat : 38 capteurs, 17 articulations, un réseau de neurones entraîné par DeepMind et une latence de 12 ms entre une blague et sa réplique. Le même pipeline qui sert à calibrer des bras de pick-and-place dans les entrepôts vient de donner une âme — ou l’illusion — à un dessin animé.
Le timing est calculé. Le 29 mars, World of Frozenouvre à Disneyland Paris. Les visiteurs croiseront des Olaf mécaniques qui skieront, s’éclateront en morceaux et se reformeront, le tout en boucle commerciale. Le Capeside de l’Arendelle promet 4 000 interactions différentes ; Nvidia fournit le cerveau, Disney le flux de guests et donc de données. Chaque sourire enregistré alimente le prochain modèle.

Openclaw, le windows des agents autonomes
huang n’a pas fait que montrer un jouet. Il a brandi OpenClaw, ex-Moltbot, comme le nouveau standard des agents d’IA. « Toute entreprise aura son armée de clones numériques », a-t-il lancé, moqueur. Le PDG propose un système où chaque salarié se fait un double qui lit, écrit, code et négocie 24 h/24. Le parallèle avec Windows 95 est assumé : un système d’exploitation, mais pour le travail cognitif.
La communauté open-source a déjà poussé 27 000 commits depuis que Peter Steinberger a quitté le navire pour OpenAI. Objectif : garder le code ouvert pour éviter qu’Amazon, Google ou Microsoft ne verrouillent de nouveau l’accès aux agents. Car la vraie guerre, maintenant, est celle des standards de personnalité artificielle.
Et le prix ? Une licence Omniverse Pro coûte 4 500 € par an. Une figurine Olaf complète, 90 000 €. Une file d’attente de deux heures à Disneyland, 16 € le fast-pass. Le rêve glacé, facturé à la seconde.
