Honor vise le top 3 en espagne d'ici 2028, robot phone inclus
Barcelone, MWC 2026. Honor n'est pas venu faire de la figuration. Entre un pliable Magic V6 qui affine encore la formule et un Robot Phone à caméra robotisée de 200 mégapixels qui a littéralement figé les allées du Fira, la marque chinoise a envoyé un message très clair à Samsung, Xiaomi et Apple : la récréation est terminée. J'ai pu m'entretenir avec Laurance Li, country manager d'Honor pour l'Espagne et le Portugal depuis octobre 2025, et ce qu'il m'a dit mérite qu'on s'y attarde sérieusement.
Top 3 en espagne avant 2028 : ambition ou calcul ?
Aujourd'hui, Honor occupe la cinquième position sur le marché espagnol, bousculé par Motorola, Realme, TCL et Vivo pour ce rang peu glorieux. Xiaomi et Samsung dominent, Apple et Oppo suivent. Laurance Li ne s'embarrasse pas de formules diplomatiques : « L'Espagne est parmi les priorités d'Honor et nous voulons être dans le top 3 d'ici trois ans. » Trois ans. C'est court. Mais le plan est concret : renforcer les partenariats avec les grands opérateurs — MasOrange, Vodafone en tête —, gagner du linéaire chez MediaMarkt et El Corte Inglés, et accélérer sur l'e-commerce. La notoriété de la marque a progressé de 10 % en Espagne en 2025, selon Ipsos. Ce n'est pas encore suffisant, mais c'est une base sur laquelle construire.

Le robot phone : pas un concept, une date
C'est le produit dont tout le monde parlait dans les couloirs du MWC. Le Robot Phone d'Honor embarque une caméra de 200 MP montée sur un bras robotisé à trois axes avec stabilisateur gimbal, capable de suivre automatiquement son sujet grâce à l'intelligence artificielle. Beaucoup l'ont découvert en pensant tomber sur une maquette de salon. Ce n'en est pas une.
Honor prévoit un lancement en Chine dès le second semestre 2026. Pour l'Espagne, Li anticipe une arrivée possible en 2027. Le calendrier suit la logique habituelle des marques chinoises : valider sur le marché domestique, puis déployer vers l'Occident. Sur la question réglementaire européenne, Li balaie les inquiétudes d'un revers de main : le dispositif « ressemble à un téléphone normal », dit-il. Ce sera aux régulateurs d'en juger, mais l'argument n'est pas sans fondement — il s'agit d'un smartphone avec un appendice mécanique, pas d'un drone.

La pénurie de ram va faire mal, surtout en bas de gamme
Il y a un sujet que beaucoup de dirigeants évitent soigneusement lors des interviews de salon. Li, lui, l'a abordé sans détour. La demande effrénée de l'industrie de l'IA aspire les stocks de mémoire RAM, et les fabricants ne suivent pas. Conséquence directe : « Les prix devront augmenter, c'est clair. »
Mais l'impact ne sera pas uniforme. Les analystes prévoient déjà une chute des ventes pouvant atteindre 15 % en 2026, la plus forte baisse interannuelle jamais enregistrée — et elle se concentrera sur l'entrée de gamme. Li ne s'en cache pas : « Les mobiles d'entrée de gamme seront les plus touchés. » Pour la gamme moyenne et haute, la situation est différente. La pénurie, paradoxalement, pourrait même profiter à Honor, dont le positionnement monte en puissance depuis plusieurs trimestres. Une crise qui élimine les acteurs les moins solides peut, dans certains cas, consolider ceux qui ont les reins suffisamment larges pour tenir.
Honor repart de Barcelone avec deux produits qui font parler, un nouveau visage à sa tête ibérique et une feuille de route chiffrée. Le marché espagnol a été prévenu.
