Guerre iran-usa : les marchés mondiaux vacillent, le pétrole dépasse 100 $

Les marchés asiatiques ont ouvert dans le rouge ce lundi, prolongeant une semaine déjà désastreuse à Wall Street — cinq semaines consécutives de baisse, la plus longue série depuis près de quatre ans. Et pourtant, quelques mots prononcés au pied de l'Air Force One ont suffi à retourner l'ambiance sur les places occidentales.

Trump parle, les futures américains rebondissent

Avant de monter dans son avion, Donald Trump a lâché une série d'affirmations qui ont immédiatement agité les salles de marché. Selon lui, Téhéran aurait accepté la majorité des 15 points de son plan de cessez-le-feu, les États-Unis auraient obtenu un changement de régime en Iran, et Téhéran s'apprêterait à livrer 20 pétroliers supplémentaires à Washington. Des déclarations non vérifiées, formulées avec l'aplomb habituel, mais suffisantes pour faire bouger les curseurs.

Résultat immédiat : les futures du Dow Jones grimpent de 1 %, ceux du S&P 500 de 0,96 %, et le Nasdaq 100 anticipe une hausse de 1,04 %, porté par les grands noms de la tech. L'Europe suit le mouvement, rompant avec la tendance baissière qui domine depuis l'escalade militaire.

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L'asie paie le prix fort du détroit d'ormuz

Le contraste est brutal avec ce qui se passe à Tokyo, Séoul ou Hong Kong. Le Nikkei 225 a plongé de 2,8 % pour clôturer à 51 885,85 points. Le Kospi sud-coréen a cédé 3,0 %. Le Hang Seng de Hong Kong a reculé de 0,8 %, et l'australien S&P/ASX 200 a perdu 0,7 %.

La raison est géographique autant que géopolitique. L'Asie dépend massivement du détroit d'Ormuz pour ses approvisionnements en pétrole. Tant que ce passage reste sous pression militaire, chaque baril qui n'arrive pas se traduit en points de croissance perdus — et en inflation qui monte.

Le pétrole au-dessus de 100 dollars, un seuil symbolique devenu réalité

Le pétrole au-dessus de 100 dollars, un seuil symbolique devenu réalité

Le brut américain WTI s'échange à 101,59 dollars le baril, en hausse de 1,95 dollar sur la séance. Le Brent, référence internationale, a clôturé à 115,98 dollars, soit un bond de 3,41 dollars. Pour mémoire, avant le déclenchement du conflit, le Brent tournait autour de 70 dollars. L'écart dit tout sur l'ampleur du choc.

Ce niveau d'énergie chère agit comme un poison lent sur les économies importatrices. Il alimente l'inflation, comprime les marges des entreprises et force les banques centrales dans une position inconfortable : resserrer alors que la croissance vacille déjà.

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L'or retrouve ses réflexes de valeur refuge

Pendant les premières semaines du conflit, même les métaux précieux avaient été emportés dans la tourmente — un signe de panique généralisée, où les investisseurs vendent tout pour lever du cash. Mais depuis deux jours, le mouvement s'inverse.

L'or progresse de 1,3 % et s'échange au-dessus de 4 500 dollars l'once. La silver — la plata — suit avec une hausse de 2 %. Les acheteurs opportunistes reprennent position, pariant sur une guerre longue et sur une érosion monétaire que personne ne peut encore chiffrer avec précision.

Ce retour de l'or n'est pas anodin. Il signale que le marché commence à intégrer une durée : ce conflit ne se règlera pas en quelques jours. Les investisseurs institutionnels se repositionnent pour traverser une période d'incertitude prolongée, et l'or redevient ce qu'il a toujours été dans les grandes crises — non pas un pari, mais une assurance.

Mars aura donc tout changé. Ce qui devait être une année de croissance tranquille pour les États-Unis se transforme en test de résistance mondial. Et pendant que Trump parle de victoire au pied de son avion, les traders asiatiques, eux, comptent leurs pertes.