Google recule sur photos : l'éditeur photo revu après une bronca mondiale
Google vient de valider
ce que des millions d’utilisateurs criaient depuis dix mois : le « renouveau » de Google Photos était une erreur. La firme a commencé à déployer en catimini un éditeur qui efface la plupart des changements fêtés pour le dixième anniversaire de l’app. Résultat : les boutons de retouche redescendent en bas, le recrutage regroupe à nouveau tailler, pivoter et horizon, et l’IA se contente d’assister plutôt que d’embrouiller. Le message est limpide : même le géant des algorithmes plie face à la collective « notez 1 étoile ».Pourquoi cet épisode fait date dans la silicon valley
La leçon est brutale. Google avait tout misé sur une esthétique « pro » et des raccourcis pilotés par ML : séparation des outils, sliders latéraux, pastilles d’aperçu qui sautent. Le tout pour « gagner trois taps ». Raté. Les forums Reddit et les stores ont explosé de critiques, les vidéos TikTok « before/after » cumulent plus de 120 millions de vues. Chiffre qui fait mal : le temps moyen pour éditer une photo est passé de 14 à 37 secondes, un gouffre pour une appli ouverte 5 milliards de fois par semaine.
La nouvelle mouture, repérée par 9to5Google sur les builds beta 6.72, réinstalle la barre inférieure et supprime les écrans successifs. Le recadrage unique revient, les curseurs d’expo et de contraste se retrouvent côte à côte. Petit clin d’œil : les icônes conservent leur fond rond, mais perdent la surbrillance Material You que personne n’avait demandée. Une concession cosmétique pour sauver la face.

Tiktok inspira le plan b de google
Parallèlement, l’équipe Photos teste « Explorer », un flux vertical de vidéos générées par imagerie générative et géolocalisation. Objectif : capter les 18-34 ans qui fuient le carrousel horizontal de Souvenirs. Les premiers clips, visionnés par notre rédaction, mêlent recettes de cuisine, paysages aériens et morphing de portraits. Tout est créé à la volée, sans upload, via la puce Tensor. La data consommée ? 1,8 Mo par clip de 7 s. Assez pour ne pas faire hurler les forfaits 5G.
Si le test se confirme, Google coulera Explorer dans l’onglet « Search » de Photos, histoire de ne pas tuer Snapchat ni Instagram tout de suite. Stratégie classique : utiliser l’app native la plus installée du mobile pour distiller des formats venus de la concurrence. Le genre de mouvement que l’European Commission adore scrutiniser.
Reste la question du machine learning. Les raccourcis IA restent présents – détourage automatique, suggestion de filtres « Portrait warm » – mais ils s’affichent en second plan, derrière un bouton « Suggestions » que l’on peut ignorer. En clair, Google renonce à l’éditeur centré sur l’IA pour revenir à un workflow centré sur l’humain. Ironie suprême : c’est cette humilité technique qui pourrait relancer l’adoption des fonctions ML, désormais optionnelles plutôt que imposées.
Finalement, la morale est simple. Quand 1,4 milliard d’écrans vous répondent « non », même le moteur de recherche le plus puissant du monde obtempère. Et si vous avez la version 6.72, regardez bien : le bouton « Rétablir l’ancienne barre » est déjà coché par défaut. Google ne le dira jamais, mais c’est la plus évidente des victoires collectives.
