Google allonge les chansons ia à 3 min et donne les clés du studio aux machines
Google vient de débloquer
la durée limite de 30 secondes sur sa fabrique de titres automatiques. Lyria 3 Pro, déployé ce matin sur Vertex AI, Gemini et AI Studio, transforme une simple phrase en morceau de trois minutes avec intro, couplets, ponts et refrain, le tout ajustable note par note.Des sliders pour le tempo, la voix, le style et même le silence
Le secret ne tient plus dans l’algorithme mais dans l’interface. Des curseurs permettent de fixer le tempo entre 60 et 180 BPM, de choisir le timbre vocal – soprano soul ou bariton rock – et d’ordonner la structure : deux refrains avant le pont, un break de quatre mesures, un final en fade-out. Résultat : une pop radio-ready ou un trap 808 surgit en moins de trente secondes, prêt à être bouclé sur un DAW.
La piste est automatiquement tatouée par SynthID, la marque inaudible gravée dans le spectre. Un watermark qui, théoriquement, empêche la fraude sur Spotify ou TikTok, même si les majors n’ont pas encore validé le protocole. Pour l’instant, seuls les abonnés AI Pro et Ultra peuvent télécharger les stems séparés – basse, batterie, synthé – et reprendre la main sur Ableton ou Logic.

Les beatmakers réduits à des directeurs artistiques sans casque
Conséquence directe : le temps de session d’un producteur passe de huit heures à huit clics. Les labels indés testent déjà le flux « master instantané » : un prompt génère vingt versions d’un refrain, l’A&R en retient trois, un ingénieur du son ajuste le loudness à –9 LUFS et le titre est en ligne avant le dîner. Premier succès avéré : Lost in the Grid, compilé en 24 heures par un petit collectif londonien, déjà 1,3 million de streams sur Deezer.
Côté droit d’auteur, la SACEM et la PRS restent muettes. Le prompt est-il une œuvre ? Le refrain généré relève-t-il d’un compositeur humain ? Silence. Google se contente d’indiquer que l’utilisateur « détient une licence mondiale » sur la piste exportée, sans préciser la durée ni l’exclusivité. Le labyrinthe légal s’annonce aussi dense que celui des sampling des années 90.
Dernière ironie : pour nourrir le modèle, DeepMind a dû ingurgiter 4,7 millions de morceaux sous copyright, sans demander la permission à personne. Les ayants droit découvriront peut-être leur propre riff dans une pop générative demain matin. Pendant ce temps, Lyria 3 Pro continue de cracher des hits à la chaîne, trois minutes pile, comme le format radiophonique l’exigeait en 1965. Le futur sonnera en 128 kbps, et il est déjà là.
