Galaxy z flip 8 : la révolution pliante se fait attendre, sauf sur un point

On attendait la révolution, on aura droit à une cure d’amaigrissement. Le Galaxy Z Flip 8, que Samsung devrait dévoiler cet été, ne bouleversera pas le jeu : mêmes capteurs photo, même charge lente, même promesse logicielle. La seule vraie nouveauté ? Il sera plus fin, plus léger, et glissera dans une poche comme un ticket de caisse.

Deux ans d’attente pour 300 mah et 7 g de gagnés

Les fuites parlent d’un épaisissement réduit de 0,4 mm à l’ouverture et d’une perte de poids qui pourrait descendre jusqu’à 150 g, soit 37 g de moins que le Z Flip 6. Une prouesse d’ingénierie, sans doute, mais qui masque le vide sous le capot : pas de nouvelle batterie au silicium, pas de capteur 200 MP, pas de charge 45 W. Le 4 300 mAh annoncé reste cantonné à 25 W filaires, un protocole que Samsung traîne depuis 2019.

L’écran se gonfle, lui, passant de 6,7 à 6,9 pouces, et l’extérieur de 3,4 à 4,1 pouces. Une différence visible à l’œil nu, mais anecdotique au quotidien : l’interface du cover screen ne changera pas, et les notifications continueront de défiler sur un rectangle toujours trop étroit pour taper un vrai mail.

Exynos 2600 : la puce qui doit sauver la face

Exynos 2600 : la puce qui doit sauver la face

Samsung remplace le Snapdragon 8 Gen 3 par son Exynos 2600 gravé en 2 nm. Le laboratoire de Tech Insights a déjà mesuré une hausse de 18 % de performance CPU, mais une fiche graphique qui reste en retrait de 12 % face à Qualcomm. Sur un télément repliable, la différence se fera sentir surtout en traitement d’image : les même capteurs, oui, mais un ISP plus musclé pour compenser l’obsolescence matérielle.

La RAM reste à 12 Go, le stockage basque à 256 Go. Le 128 Go disparaît définitivement, ce qui enfonce un clou dans le cercueil des modèles d’entrée de gamme. Android 16 sortira d’usine, avec sept ans de patchs promis. Une durée qui rend le Z Flip 6 déjà orphelin de deux saisons.

Photo : l’artillerie figée depuis 2022

Photo : l’artillerie figée depuis 2022

50 MP grand-angle, 12 MP ultra-grand-angle, 10 MP frontale. Même ouverture, même taille de pixels, même focale. Seule la casserole change : le traitement HDR gagne un demi-stop, et la nuit bénéficie d’un algorithme « Galaxy AI » calibré sur 400 millions de clichés. Résultat, des visages lissés comme du marbre et des ciels cramois qui n’existent pas dans la réalité.

Le vrai progrès, c’est la disparition du pli sur la preview. L’UTG (Ultra Thin Glass) de troisième génération est 30 % plus rigide, ce qui réduit la refraction à l’endroit où l’écran se plie. Un détail qui compte pour les accros d’Instagram, pas pour les ingénieurs optiques.

Qui va l’acheter ?

Les possesseurs de Z Flip 5, séduits par la promesse d’un écran plus grand. Les retardataires de 2022 qui ont gardé leur Galaxy S22 et veulent enfin goûter au format pochette. Et puis les collectionneurs de couleurs : jaune citron, pêche nacrée, argent mat, chaque teinte est un argument de vente à elle seule. Le reste du public regardera ailleurs, vers la Chine et ses Honor Magic V3 à 66 W, ou vers Google et son Pixel Fold 2 annoncé avec une lunette de 2 mm.

Samsung n’a pas fini de jouer la montre. Le Z Flip 8 sera présenté en juillet, vendu 1 199 € en entrée, et épuisé en août. Le temps que les stocks reviennent, les rumeurs sur le Z Flip 9 auront déjà tué l’envie. C’est le lot de tous les pliables : chaque génération est un pont jeté vers la suivante, et jamais une destination.