Digi bat tous les records en espagne… mais voit ses clients fuir à 25 % par an
10,8 millions de lignes. 994 000 portabilités captées en un an. DIGI devient l’opérateur le plus rapide de la péninsule ibérique. Le hic ? Un quart de ses abonnés partent avant le douzième mois. Le churn atteint 25 % sur les douze derniers mois, un niveau jamais vu hors prepaid.
Le prix le plus bas, le réseau le plus secoué
15 € la fibre 1 Gb/s, 10 € le forfait 100 Go : l’addition séduit, le service tousse. Les forums regorgent de coupures sporadiques, de débits fantômes et d’une appli TV qui plante dès qu’elle croise un Chromecast. Résultat : même la maison-mère de Bucarest reconnaît un « churn interne » de 14,3 % sur ses propres antennes fin 2025, contre 9,6 % fin 2021. Sur le réseau loué à Telefónica, la fuite grimpe à 23,3 %.
Le modèle low-cost atteint ici sa limite. Sans boutique physique, sans hotline premium, DIGI paie cash sa croissance : un million de nouveaux abonnés, mais 1,35 million de départs. Le filet devient passoire.

Vodafone dans le viseur, la roue peut tourner
Avec 10,8 millions de clients, DIGI talonne déjà la troisième place de Vodafone Espagne (12,2 millions). Pour franchir le gap, il lui reste deux armes : achever le déploiement de sa fibre propriétaire – 7 milliards d’euros engagés – et colmater les fuites. Le pari est double : réduire la dépendance à Telefónica sans alourdir la facture, tout en retenant des useurs habitués à payer moins… mais à exiger plus.
La direction assure que « les incidents sont isolés » et que la TDT mobile gratuite va enrichir l’offre. Les chiffres, eux, crient le contraire : 210 000 départs sur la fibre, 784 000 sur le mobile. La roue tourne vite quand le prix est le seul ciment.
Si DIGI ne résout pas la qualité, sa victoire sur Vodafone se transformera en pyrrhique : premier en acquisitions, dernier en fidélité. Et dans une industrie où le coût de conquête dépasse 120 € par ligne, fuir à 25 % par an, c’est creuser sa propre tombe avec la pelle du discount.
