Cbs news décapite 6 % de ses rédactions et tue sa radio pure player
Le coup est tombé vendredi à la nuit. CBS News, filiale de Paramount Skydance, a limogé 6 % de ses effectifs – soit près de 60 salariés – et signé l’arrêt de mort de CBS News Radio pour le 22 mai. Fini le bruit des ondes, place au silence stratégique.
Une lame de fond qui balaye l’industrie
Bari Weiss, rédactrice en chef, et Tom Cibrowski, président, ont expédié le mémo létal à 18 h 30. « De nouvelles audiences émergent ailleurs », y écrivent-ils, langue de bois en guise de coussin. Traduction : la télévision linéaire perd 7 % de ses recettes publicitaires chaque trimestre, et la radio nationale, 12 %. Le groupe préfère donc sabrer les budgets « historiques » pour financer des studios TikTok et des formats verticaux sur Paramount+. Le personnel ? Dommage collatériel.
La décision claque d’autant plus que Weiss, arrivée en octobre après la vente de sa start-up Free Press, avait promis une « révolution éditoriale ». Révolution, version 2.0 : moins de journalistes, plus d’algorithmes. Les équipes de 60 Minutes ont déjà senti la lame : un segment sur les prisons offshore a été repoussé deux fois avant diffusion, preuve que la censure économique précède désormais la censure politique.

Radio tuée, streaming roi
CBS News Radio, 90 ans d’antenne, s’éteint sans minute de silence. Les affiliées locales – 600 stations – ont reçu un préavis de trente jours, délai légal mais humainement cruel. Les animateurs stars comme Steve Scott et Allison Keyes découvrent leur licenciement par e-mail, clé USB de vœux en pièce jointe. Pourquoi ? Parce que la publicité radio nationale rapporte désormais moins que trois épisodes de « Yellowstone » sur la plateforme.
Paramount Skydance n’a pas communiqué le montant des économies, mais deux sources internes évoquent 30 millions de dollars annuels. Une goutte dans l’océlate : le groupe perd 1,5 milliard de dollars de valeur boursière depuis janvier. Les investisseurs réclament du sang frais ; ils l’ont obtenu sur les carreaux des open-spaces de Manhattan.

Et maintenant ?
Les studios CBS de la Black Rock ressemblent désormais à un plateau de tournage Netflix : plus de permanents, plus de micros HF, juste des pigistes et des influenceurs sous contrat à la journée. La prochaine cible, murmurent les survivants, serait le bureau de Washington, trop coûteux pour une audience déjà acquise. La logique est implacable : quand les clics remplacent les ondes, les cordonniers ne sont plus que des variables d’ajustement.
Elise Colette, Tech Insights
