At&t injecte l’ia de nvidia au cœur de ses antennes 5g

AT&T vient de sceller un accord avec Cisco pour greffer des GPU Nvidia Blackwell directement dans ses stations de base. Résultat : l’opérateur américain transforme chaque antenne en un mini-datacenter capable d’inférer l’intelligence artificielle à la source, sans passer par le cloud. La promesse : latence divisée par dix, bande passante libérée, et des usines qui se réparent avant même que le alerte ne parte.

Des rtx pro 6000 blackwell dans les tours 5g

Chris Penrose, VP Business Development chez Nvidia, résume la manoeuvre : « Le réseau devient le computer. » Les cartes RTX Pro 6000 Blackwell Server Edition, déjà testées par T-Mobile, vont équiper les routeurs cellulaires d’AT&T. Chaque site capte, traite et agit sur place : vidéo d’un drone, flux d’un capteur industriel ou image d’une caméra de traffic sont analysés en moins de 20 ms. Plus besoin de renvoyer des gigaoctets vers un serveur lointain ; le trafic local reste local, la facture data aussi.

L’astuce tient dans le « AI Grid » de Cisco, une couche logicielle qui orchestre les GPU comme un nuage distribué. Les développeurs déposent leur modèle TensorRT une fois ; le réseau le réplique automatiquement sur l’ensemble des sites. Une usine à Houston, un port de Long Beach ou une rame de métro à Dallas deviennent des points d’inférence temps réel. AT&T ne vend plus seulement du débit, il vend du « compute on air ».

Iot, 5g et boucle de rétroaction en 200 ms

Iot, 5g et boucle de rétroaction en 200 ms

L’opérateur ouvre aujourd’hui son core IoT dédié aux entreprises qui veulent créer cette boucle : capteur → antenne 5G → GPU → action. Exemple concret : un convoyeur automatisé détecte une pièce défectueuse, le GPU envoie un ordre de rejet au robot, le tout sans franchir le firewall corporate. La sécurité est renforcée : les données ne quittent jamais le périmètre radio.

AT&T garde le contrôle de la couche transport, Cisco gère l’orchestration, Nvidia fournit la puissance de calcul. Un triangle où chaque partenaire engrange des revenus récurrents : abonnement 5G, licence logicielle, location GPU. Le tarif n’est pas encore fixé, mais un prototype en cours à Atlanta évoque 150 $ par mois et par site pour 5 Gb/s et 100 tops d’inférence.

Le message est clair : Verizon et T-Mobile jouent déjà la carte GPU, AT&T ne peut pas rester en retrait. Celui qui contrôle le compute sur le terrain contrôlera les contrats industriels de la décennie. Les tests commencent cet été, le déploiement massif est prévu pour 2025. L’échéance est courte : d’ici là, chaque antenne sans GPU risque de ressembler à une cabine téléphonique dans l’ère du smartphone.