At&t facture 10 $ de plus aux anciens forfaits : début d’exode massif

AT&T vient de signer l’arrêt de mort de sa fidélité. Le 24 juillet, l’opérateur augmentera de 10 $ les forfaits « legacy » à une ligne et de 20 $ les comptes multi-lignes, sans changer une virgule des services. Le message est limpide : payez plus ou partez.

La hotline livre 20 go pour adoucir la pilule

Pour faire passer la pilule, AT&T glisse 20 Go de données partageables en hot-spot. Une rustine sur une jambe de bois : selon les relevés internes de Tech Insights, 68 % des concernés n’utilisent pas même le quart de leur enveloppe actuelle. Le bonus est un cadeau empoisonné : il masque une hausse annuelle de 120 $ pour un abonné seul, 240 $ pour un foyer.

Wall Street, elle, applaudit. Le titre a gagné 2,57 % vendredi alors que le Dow Jones perdait près d’un point. Les analystes y voient une « opération de purge » : pousser les résistants vers des offres plus récentes, à marge plus épaisse. Résultat net attendu : 400 millions de dollars de revenus supplémentaires d’ici 2026.

Churn record : 0,98 % de fuite au quatrième trimestre

Churn record : 0,98 % de fuite au quatrième trimestre

Derrière le brillant comptable, le trou béant. Le taux de désabonnement post-payé a atteint 0,98 % fin 2025, un pic jamais vu depuis 2012. Traduction : près d’un million de clients ont claqué la porte en trois mois. Verizon et T-Mobile ont ouvert leurs bras, offrant remboursement des frais de résiliation etiPhone 16 gratuits contre reprise de numéro.

AT&T n’a plus d’histoire à raconter. T-Mobile possède la « Un-carrier » et ses mardis gratuits, Verizon sa réputation de réseau premium. Le « death star » reste orphelin d’une identité depuis qu’il a lâché l’exclusivité iPhone en 2011. La campagne « Lily Adams » ? Une façade de vente de forfaits sans âme.

La prochaine étape est connue : harcèlement commercial. Courriels, SMS, push notifications promettant « des offres exceptionnelles » pour migrer. Ceux qui refuseront verront leur facture gonfler chaque année jusqu’à ce que la douleur devienne insoutenable. C’est la stratégie du bouclier thermique : faire monter la température jusqu’à ce que l’utilisateur saute.

AT&T espère que la majorité pliera l’échine. L’erreur est de croire que la fidélité est éternelle. Les dernières données montrent que 37 % des détracteurs partent dans les 45 jours qui suivent une hausse. Le compte à rebours est lancé. Le 24 juillet sonnera comme le début d’un exode dont l’opérateur se souviendra longtemps.