Microsoft tue le react du menu démarrer : windows 11 va respirer

Microsoft vient d’admettre ce que les benchmarkers soupçonnaient depuis deux ans : le menu Démarrer de Windows 11 est encombré de JavaScript. La conséquence ? Un délai de 120 à 180 ms à chaque ouverture, assez pour gâcher la sensation de « fluidité » promise en 2021. WinUI va remplacer React, et le premier composant visé est justement la section « Recommandés », accusée de ralentir les machines même sur un Ryzen 9 avec 32 Go de RAM.

La faute à un framework web infiltré jusqu’au noyau

En 2023, l’équipe shell de Microsoft a codé les cartes de recommandation en JSX pour gagner du temps. L’idée : même code sur Xbox, Office.com et Windows. Le hic : le moteur Chakra qui interprète ce JavaScript tourne dans un processus ShellExperienceHost.exe déjà surchargé. Résultat, le thread UI se bloque quand le cloud renvoie une icône manquante ou un titre mal traduit. Les insiders ont vu leur CPU sauter à 18 % rien qu’en cliquant sur le logo Windows.

Le redémarrage à chaque mise à jour cumulative n’est pas un caprice : c’est le prix pour remplacer les fichiers .bundle compilés à la volée par des binaires WinUI 3 signés en amont. Microsoft économisera ainsi 40 % de charge mémoire et, surtout, supprimera la dépendance à Edge WebView2 qui pesait 300 Mo de RAM permanente.

Un déploiement silencieux commencé dès juillet

Un déploiement silencieux commencé dès juillet

Les bâtisseuses 22635.3640 déjà filtrées contiennent la nouvelle section « Recommendations » native. Insider Hub affiche désormais 0 % d’utilisation GPU contre 5 % auparavant. Le roulement continu : d’abord StartMenuExperienceHost.exe, puis ActionCenter, enfin Taskbar en 2025. Microsoft visera 80 % de parcours utilisateurs convertis avant 2026, date à laquelle le support étendu de Windows 11 21H2 prendra fin.

Si vous détestez les suggestions, le bouton « Désactiver les recommandations » reste, mais il tue aussi l’historique rapide de l’Explorateur. Un choix brutal qui pousse les admins à garder la fonction allumée, quitte à la verrouiller via Group Policy.

Derrière la scène, une guerre des frameworks

Derrière la scène, une guerre des frameworks

Ce revirement enterre la stratégie « One Microsoft » initiée par Satya Nadella en 2015. Le même React utilisé pour le dashboard Xbox et Teams progressive web app est désormais jugé trop gourmand pour du code système. Sources internes : le Windows Core OS destiné aux appareils Surface Hub et HoloLens n’a jamais adopté React ; il tournait déjà sur WinUI 2.6. L’équipe Windows shell a donc dû convaincre la direction de réécrire 1,2 million de lignes alors que l’objectif initial était d’uniformiser.

Le gagnant : WinUI, qui devient le seul framework first-party autorisé dans le kernel graphique. Le perdant : les développeurs tiers qui avaient investi dans des extensions React Native pour customiser le menu Démarrer ; leurs plug-ins cesseront de fonctionner dès la version 24H2.

Reste une inconnue : le nouveau menu héritera-t-il des bugs de Acrylic et des fuites mémoire déjà documentées dans WinUI 3 ? Les premiers retours des rings Beta montrent une consommation GPU en baisse, mais des crashs aléatoires quand l’utilisateur possède plus de 500 applications. Microsoft promet des correctifs mensuels ; la communauté observera.

Finalement, Windows 11 va respirer, mais la guerre des performances n’est pas finie : Android et macOS tournent déjà leurs interfaces à 120 images/s sur puce propriétaire. Microsoft rattrape seulement son retard, et c’est déjà ça.