Apple recule sur l’ia : siri bientôt ouverte à chatgpt, gemini… et à votre portefeuille

Imaginez Siri se débarrassant de sa réputation de cancre et, pour une fois, vous demandant quel cerveau artificiel vous préférez. C’est le scénario que prépare Apple après des mois de déboires, selon les dernières fuites de Bloomberg. L’assistant vocal, aujourd’hui en délicatesse avec Apple Intelligence, deviendrait une plateforme neutre où l’utilisateur installe la ou les IA de son choix, via une boutique dédiée rattachée à l’App Store. Le génie fermé d’Apple ? Réduit au rang de simple intermédiaire.

Pourquoi apple se résout à ouvrir siri

La raison est brutale : Apple Intelligence traîne, les iPhone 15 tournent encore à l’ancienne, et la concurrence Android aligne déjà Gemini, Copilot et ChatGPT en natif. Résultat : Siri, en 2024, reste le jouet qu’on raille dans les groupes Telegram des développeurs. Tim Cook ne digère pas l’image.

La parade : transformer cette humiliation en vitrine commerciale. Apple ne signera donc pas un accord exclusif avec Google. Elle en signera plusieurs : Anthropic, OpenAI, et probablement des spécialistes comme Stability AI pour générer images et code. L’utilisateur paiera les abonnements Pro via son compte Apple, la firme de Cupertino prélevant sa commission habituelle. Le tout sans attendre la disponibilité d’Apple Intelligence, repoussée à une date que personne n’ose déjà nommer.

Une siri app store, vraiment ?

Une siri app store, vraiment ?

Le projet n’est pas une simple case à cocher dans les réglages. Apple prépare un onglet « Intelligence » au sein de l’App Store, où chaque modèle d’IA deviendra une application à part entière, avec évaluations, mises à jour, classement des tops downloads. Vous chercherez Codex pour coder, Claude pour rédiger ou Stable Diffusion pour créer une illustration : un clic, et Siri change de cortex.

Côté développeur, l’ouverture est un tsunami. Jusqu’ici, Apple filtrait méticuleusement les modèles déployés sur son écosystème. Désormais, elle les invite à monétiser directement. Il faudra juste respecter les règles de confidentialité d’iOS : exécution locale quand le hardware le permet, cloud chiffré sinon. Le Secure Enclave gardera les clés, promet-on à la Sorbonne comme à One Infinite Loop.

Le piège se refermera-t-il ?

Le piège se refermera-t-il ?

Reste la question qui brûche : dès qu’Apple Intelligence sera opérationnelle, la firme fermera-t-elle la vanne ? Rien n’est moins sûr. Abandonner la boutique reviendrait à supprimer une source de revenus et à relancer les critiques d’anti-concurrence. Garder l’option multiple, au contraire, permettrait à Apple de vanter la « liberté de choix » tout en vendant ses propres services premium.

Le plus dur est déjà là : le temps. Chaque trimestre sans IA crédible creuse le retard. Samsung vend des Galaxy embarquant Gemini, Microsoft scotche Copilot à Windows, et Apple, elle, vend… des promesses. La manœuvre de la boutique externe est donc un pis-aller, mais un pis-aller lucratif. Car dans le pire des cas, Siri resterait un simple portail, et Apple empocherait 15 à 30 % sur chaque abonnement. Le rêve hardware-driven cède le pas à un pragmatisme service-driven.

Finalement, Tim Cook assume même le paradoxe. Dans une interview récente, il lâchait : « Je ne veux pas que les gens passent leur journée sur le téléphone. » Traduction : peu importe l’IA qui répond, pourvu qu’elle vous fasse payer avant de reposer l’appareil. Apple n’a plus le luxe de viser la perfection ; elle vise l’encaisse. La vraie révolution, ce sera la facture.