Anthropic : une ruée frénétique pour des actions, malgré les doutes
Storm Duncan, ancien cadre de la Silicon Valley, mise en vente sa propriété de Mill Valley, un véritable symbole de l’engouement autour d’Anthropic, la startup d’intelligence artificielle qui défie OpenAI. L’opération, orchestrée par le biais de son prestigieux banquier d’investissement Ignatious, suscite l’admiration et la perplexité.
Une valorisation vertigineuse, un marché en effervescence
La valorisation d’Anthropic a explosé, atteignant un chiffre colossal de 1 milliard de dollars. Des investisseurs, séduits par la croissance fulgurante de l’entreprise et son assistant de codage IA, Claude Code, se précipitent pour acquérir des actions. Cette fièvre, comme l’a souligné Storm Duncan lui-même, est une nécessité : « Si vous pêchez, il faut mettre un ver dans l’hameçon », a-t-il déclaré à Business Insider.
L’offre de Duncan, qui réside principalement à Jackson Hole, Wyoming, vise à attirer les employés d’Anthropic, souvent possédant des actions non encore disponibles sur le marché secondaire. Sa somptueuse propriété de 13 acres, dotée d’une vue imprenable sur San Francisco et d’une piscine à débordement, représente un levier stratégique.

Des enjeux financiers et une méfiance croissante
Si Duncan a reçu de multiples propositions, dont certaines venant d’anciens employés et d’investisseurs précoces, la complexité de la transaction est indéniable. Le marché secondaire est saturé, ce qui rend les négociations difficiles et les prix potentiellement gonflés. Certains observateurs, comme certains analystes sur X, relèvent que cette démarche pourrait être une simple opération de marketing, signalant peut-être le pic d’une bulle spéculative. D’autres, plus cyniques, évoquent un contraste saisissant entre la richesse de ces investisseurs et la précarité de la vie des jeunes développeurs vivant dans les appartements de San Francisco, malgré des revenus considérables.
L’histoire se répète, en quelque sorte, rappelant une époque où l’artiste David Choe avait choisi des actions Facebook plutôt que 60 000 dollars en espèces en 2005, une décision qui lui a rapporté environ 200 millions de dollars à la bourse. Dans les années des puntocom, certains propriétaires de biens immobiliers exigent même des actions d’entreprises technologiques en échange de la location d’espaces à San Francisco.

Un pari sur claude code
Duncan, qui possède déjà des actions d’Anthropic qu’il a acquises en 2024, est convaincu du potentiel de Claude Code. Il anticipe une augmentation de production de 300% et une réduction des coûts de 50% grâce à la plateforme. Cet investissement personnel témoigne de sa confiance dans le futur d’Anthropic et de son ambition de se positionner en tant qu’acteur majeur de l’IA.
L’entreprise, qui permet déjà à Apple et Amazon de tester des modèles d’IA plus performants, continue d’attirer l’attention et les investissements. Duncan insiste sur le fait que son offre est bien réelle, et qu’il ne cherche pas à attirer l’attention médiatique. Il explique que les petits investisseurs ne peuvent pas acquérir des actions directement, et qu’Anthropic recherche des partenaires capables de fournir des injections de capital importantes.
