Anthropic prépare un ipo de 60 milliards $ pour éclipser openai en bourse
C’est la course à 60 milliards qui commence. Anthropic, le laboratoire californien derrière le chatbot Claude, aurait fixé octobre comme ligne de départ pour son entrée en Bourse. Dans les couloirs de Wall Street, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley se déjà bousculent pour figurer au frontispice d’une opération qui, selon nos sources, vise un ticket supérieur à 60 milliards de dollars.
Les frères amodei jouent leur va-tout avant openai
Depuis leur démission d’OpenAI en 2021, Dario et Daniel Amodei ont bâti une forteresse de 38 milliards de valorisation en trois ans. Une ronde folle de 30 milliards levée en février, co-tirée par le fonds émirati MGX, leur a permis de s’offrir les puces de Google, Amazon, Microsoft et Nvidia. Le tout pour nourrir des modèles qu’ils promettent « plus alignés » que ceux de leur ancienne maison.
Mais la promesse a un prix. Refuser de vendre Claude à la surveillance de masse ou à l’armement autonome a valu à Anthropic un traitement de « menace pour la chaîne d’approvisionnement nationale » par le Pentagone. Une étiquette que Washington réserve d’ordinaire à des adversaires étrangers. Résultat : un blackout administratif qui, sans la décision d’un juge fédéral jeudi, aurait coûté à la start-up « des milliards » de contrats, m’a confié un proche du dossier.

Le pentagone voit rouge, la bourse voit vert
Ironie du calendrier : le même jour où la justice bloquait l’interdiction gouvernementale, les banques d’affaires recevaient le mémo des frères Amodei. Le message est limpide : on passe à la vitesse supérieure avant qu’OpenAI ne fasse de même. Car Sam Altman prépare aussi son S-1, et la hiérarchie des valuations pourrait se jouer à quelques semaines près.
Le pari est immense. Anthropic s’est engagé à dépenser 50 milliards pour construire ses propres data centers américains. Une infrastructure censée justifier le prix de l’action, mais qui alourdit la facture énergétique et la pression réglementaire. « Ils doivent monétiser maintenant ou laisse rattraper par des modèles open-source qui coûtent dix fois moins », résume un VP trading qui a déjà testé les book-builders.
À l’autre bout du fil, le silence est de rigueur. Goldman, JPMorgan et Anthropic refusent de commenter. Trop tôt pour briser la magie d’un road-show qui, s’il réussit, fera entrer la Silicon Valley dans l’ère des duels à 100 milliards. Le premier round est prévu à la cloche de la Nasdaq, entre deux earnings de Microsoft et de Google. Place au spectacle.
