Aluminium : le golfe persique déchaîne l'effervescence sur les marchés
Le prix de l’aluminium atteint un sommet de quatre ans à Londres, victime des conséquences d’un blocus maritime imposé par Washington sur les ports iraniens. Un scénario qui menace de perturber les flux commerciaux et alimente une flambée des prix déjà soutenue par la crise géopolitique au Moyen-Orient.
Un choc d’offre brutal
La décision, annoncée lundi par l’administration américaine, s’applique à partir de ce jour et risque de provoquer des retards significatifs dans l’acheminement des matières premières depuis le Golfe Persique. Plus de neuf pour cent de la production mondiale d’aluminium y est concentrée, un chiffre qui rend l’impact potentiel de cette mesure particulièrement préoccupant. Emirates Global Aluminium PJSC, l’un des principaux acteurs de la région, a déjà invoqué des clauses de force majeure pour certaines livraisons suite à un attentat iranien qui a paralysé l’une de ses usines.
Cette situation, conjuguée à une demande mondiale en constante évolution, a engendré une augmentation spectaculaire des contrats à terme. En début d’année, les futures ont déjà progressé d’environ 18 %. Un rebond initial, dû en grande partie à la pénurie d’offre causée par la guerre au Moyen-Orient, se confirme donc, accentué par la tension géopolitique.

La chine, un frein inattendu ?
Si la Russie semble bénéficier indirectement de cette crise, profitant de la flambée des prix des matières premières, la Chine, premier consommateur mondial d’aluminium, pourrait constituer un frein majeur à la poursuite de cette dynamique haussière. Les stocks du pays atteignent des niveaux inédits depuis 2020 – plus de 1,5 million de tonnes, selon les estimations les plus récentes. Chen Jingmin, analyste de Zijin Tianfeng Futures Co, prévient : « Il est probable que l’aluminium à Shanghai commence à refléter la réalité d’une demande chinoise en berne. »
Cette tendance, conjuguée à un climat d’incertitude économique général, pèse sur les marchés. Les autres métaux de base, hormis le fer, ont connu une journée plus morne, les négociations entre Washington et Téhéran au Pakistan ayant mis fin à un bref regain d’espoir. Le cuivre, le zinc et le minerai de fer ont limité leurs pertes, mais restent sous pression. En fin de compte, les prix élevés freinent la demande, notamment en Chine, où la situation ne cesse de s’aggraver. Le métal a clôturé séance à 3 547,50 dollars la tonne à la LME, et 24 740 yuans la tonne à la Bourse de Shanghai.
