Alibaba et tencent s'effondrent : 66 milliards de dollars évaporés en 24 heures

66 milliards. Le temps d’un éclair boursier, c’est la somme qu’alibaba et Tencent viennent de faire disparaître. Le marché a fustigé leur absence de feuille de route pour transformer l’intelligence artificielle en cash. Alibaba plonge 7 % à New York, sa pire séance depuis octobre. Tencent perd 43 milliards jeudi, chute historique en un an. Les investisseurs, qui pariaient sur un « OpenClaw chinois », rebroussent chemin.

Des promesses de 100 milliards sans carnet d’adresses

Le groupe de Hangzhou promet 100 milliards de dollars de revenus IA et cloud d’ici cinq ans. Mot magique, promesse creuse. Aucun détail sur les clients visés, ni sur les produits qui justifieraient ces commandes. Résultat : Barclays dégaine un couteau, tranche la valorisation cible de 11 %. « Le marché n’admet plus l’imparfait », résume Jiong Shao.

La dégringolade s’accélère quand Alibaba révèle un effondrement de 67 % de son bénéfice net trimestriel. La guerre des prix sur le commerce électronique domestique, la chute de la consommation chinoise et les 53 milliards engagés dans des data-centers plombent la marge. Le tout sur fond de déferlante publicitaire de coupons lancés pendant le Nouvel An lunaire : des milliards de yuanes brûlés pour attirer l’utilisateur moyen sur Wukong, l’agent IA corporate d’Alibaba.

Tencent reste muet sur la mine d’or wechat

Tencent reste muet sur la mine d’or wechat

De son côté, Tencent détient la plus grande base de données de comportement social de Chine via WeChat. Pourtant, sur la conférence téléphonique, les dirigeants esquivent. Pas de chiffre d’investissement, pas de calendrier, pas de produit. Morgan Stanley dévisse aussitôt la cible de 11 %, à 650 HKD. L’analyste Gary Yu prévoit que les dépenses IA « piétineront les marges jusqu’en 2026 ».

La sinistre passe d’armes illustre la tension générale : Pékin pousse ses géants à rivaliser avec Meta, Amazon et Google, qui eux dépensent 650 milliards en 2025. Mais les caisses de l’État ne garantissent pas le modèle économique. Catherine Lim, chez Bloomberg Intelligence, tranche : « Les fonds tolèrent les milliards brûlés seulement s’ils voient un retour mesurable. Pour l’instant, c’est du brouillard. »

Les 66 milliards evaporés hier ne sont pas qu’une ligne de compte. C’est le récit d’une bulle de crédit technologique chinoise prise en tenaille entre ambition d’État et exigence de rentabilité. Tant que les revenus IA ne pointeront pas à l’horizon, le moindre doute fera vaciller des valorisations bâties sur du vent. La leçon : en Bourse, l’intelligence artificielle ne vaut que si elle transforme le code en cash, sinon elle reste une ligne comptable de rêves dévalués à la clôture.