Airbus dégain 13 c295 par an : l'usine de séville passe la vitesse supérieure
airbus vient de déclencher la production de guerre. Sur la ligne de montage finale de Séville, le C295 change de rythme : 10 appareils par an, c'était hier ; 13, c'est dès 2026. Un bond de 30 % qui répond à un contrat monstre signé avec l'armée de l'air espagnole : 34 avions, 1,3 milliard d'euros, et une exigence – tout livrer avant 2029.
De l'acier aux missions les plus opaques
Le carnet de commandes est un chasseur de sous-marins. Les 34 C295 se déclinent en trois versions : transport tactique, surveillance maritime (MSA) et patrouilleur anti-sous-marin (MPA). Cette dernière version est la plus complexe jamais assemblée sur la ligne sévillane : radar à ouverture synthétique, sonar bouée, console de tir pour missiles Exocet, et un poste de commandement aérien capable de orchestrer dix drones en même temps.
La MSA, elle, est taillée pour la contrebande. Son radar Sentinel 360 balaye 360 000 km² de surface en une seule mission – l'équivalent de la Méditerranée occidentale. Objectif : stopper les narco-sous-marins qui remontent du Golfe de Guinée.

San pablo devient un hub de haute tension
Sur le tarmac, la pression est palpable. Les quatre stations de montage sont déjà occupées. Atelier 4, c'est le C295 MPA n°1 : ailes démontées pour intégrer les trappes à bouées, fuselage ouvert comme un coffre de guerre. Atelier 2, le transport tactique n°3 reçoit ses soutes renforcées pour 9 tonnes de matériel. Chaque retard d'une journée coûte 120 000 euros de pénalité. Le directeur de site, Luis Carlos García, le dit crûment : « On n'augmente pas la cadence, on change de métier. »
Pour y parvenir, Airbus a sécurisé 200 fournisseurs locaux. Les ailes arrivent encore de Madrid, mais les consoles de mission sont désormais conçues à Getafe, où la chaîne de conversion A330 MRTT va elle aussi passer de 4 à 8 appareils par an. Résultat : 1 200 emplois supplémentaires dans la communauté andalouse, et un effet domino sur les sous-traitants de Cádiz qui fournissent les radomes en composite.

2026, L'année où l'europe rearme ses cieux
Le timing est politique. Le premier C295 MPA décollera en juin 2026, juste avant le sommet de l'OTAN à Madrid. L'Espagne veut montrer qu'elle peut produire un avion de patrouille maritime made in Europe en moins de 36 mois. Un message adressé aux États-Unis : nous n'attendons plus vos P-8 Poseidon.
Pendant ce temps, Airbus teste en Allemagne le Valkyrie, dron de combat propulsé par IA, prévu pour voler en escadrille avec les C295. Le cercle se referme : l'avion de transport devient le centre nerveux d'une flotte autonome. Coût global du programme : 3 milliards d'euros sur dix ans. La facture finale ? Elle sera payée par les contribuables européens, mais aussi par les cartels qui vont devoir changer de route.
Le dernier C295 quittera Séville en 2029. A ce moment-là, l'usine tablera déjà sur le remplaçant : un hybride électrique capable d'atterrir sur 600 mètres de piste latéral. L'airbus militaire n'est plus une usine : c'est une chaîne d'assemblage de souveraineté.
