200 Mpx ou 50 mpx : le piège des chiffres qui ruine vos photos

40 % des utilisateurs s’en fichent des mégapixels. Ils veulent juste que la photo soit belle. Le sondage vient de tomber : la course aux capteurs 200 Mpx fait déjà pschitt.

Les capteurs 200 mpx deviennent des monuments à la gloire du marketing

Les capteurs 200 mpx deviennent des monuments à la gloire du marketing

Je reviens d’un road-test en Mongolie avec un prototype chinois équipé de trois capteurs 200 Mpx. Résultat : 37 Mo par image, galerie bloquée après 120 clichés, téléphone ventilé comme un MacBook Pro sous Premiere. Le constructeur promettait « la résolution d’un appareil moyen-format dans votre poche ». J’ai obtenu des nuits où le bruit ressemblait à du sable.

À l’inverse, l’iPhone 17 Pro reste à 48 Mpx. Pourtant, DxO le place encore dans le top 3. La raison ? Apple dépense l’équivalent d’un A14 en calcul d’image pour fusionner neuf pixels en un. Le capteur ne grossit pas, mais la diode mesure 1,4 µm. Résultat : 80 % de lumière en plus qu’un 200 Mpx biné sans algorithme. La guerre n’est plus dans la grille, elle est dans le traitement.

Le Galaxy S26 Ultra, lui, sortira bien avec 200 Mpx. Samsung le sait : le mode 12 Mpx est activé par défaut. Le fichier brut reste stocké, mais le client ne le verra jamais. Le message est limpide : on vend le chiffre, on livre la qualité. L’industrie appelle ça le « downsampling forcé ». Moi j’appelle ça de la tromperie soft.

Le pire ? Les fabricants de puces ne peuvent plus revenir en arrière. Qualcomm a calibré le Spectra ISP pour digérer 200 Mpx. MediaTek en fait sa slide commerciale. Quand je demande à un VP ingénierie pourquoi on n’optimise pas plutôt la taille des pixels, il me répond : « Parce que 200 se vend mieux que 2,4 µm. »

Les 30 % qui révent d’un triple 200 Mpx sont les mêmes qui overclockaient leur Pentium en 2003. Ils achèteront le téléphone, feront deux photos, constateront le poids, puis reviendront aux 12 Mpx. Boucle bouclée.

La leçon : un capteur 50 Mpx avec une ouverture f/1,5 et un OIS à cinq axes écrase aujourd’hui n’importe quel 200 Mpx sans algorithme. Le reste est littérature d’emballage.