Artemis ii décolle dans 24 h : la nasa rallume la route de la lune pour 20 milliards
Kennedy Space Center, 1er avril, 16 h 44 EST. Le compte à rebours vient de basculer en phase finale. Dans moins de vingt-quatre heures, le lanceur SLS – le plus puissant jamais construit par la Nasa – déchirera la nuit floridienne et emportera quatre astronautes jusqu’à 7 400 km derrière la face cachée de la Lune. Pas d’alunissage cette fois. Mais un coup d’envoi à 20 milliards d’euros pour y installer des hommes. puis partir vers Mars.
Orion, le laboratoire de 9 jours qui décide du prochain siècle spatial
La capsule Orion, perchée au sommet du bloc de 98 m d’altitude, n’atterrira pas. Elle va simplement boucler huit boucles autour du satellite, parcourir 1,1 million de km et rentrer à 40 000 km/h dans l’atmosphère terrestre. Objectif : tester les ordinateurs de vol, le bouclier thermique et les valves de recyclage urinaire qui doivent fonctionner 240 000 miles plus loin que l’ISS. Si un seul relais défaille, la Lune restera un mirage et Mars une illusion.
À bord, Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen vont devenir la première équipage à frôler l’orbite lunaire depuis 1972. Leur mission : survivre, noter, revenir. Et surtout valider le procédé de navigation optique qui, plus tard, devra trouver seul un site d’atterrissage dans le sud-pôle saturé d’ombre. Car c’est là que la Nasa veux forer de l’eau – le carburant qui remplacera les fusées pour les voyages martiens.

La fenêtre qui ne pardonne pas
Le météo-officier de la 45e météo de l’Air Force a tranché : 90 % de chances de ciel clair à l’instant T, fixé à 00 h 24 heure de Paris. En cas d’orage, un backup est prévu à 01 h 22. Ensuite, il faudra attendre avril 2025 et justifier chaque jour de retard à un Congrès qui a déjà coupé 500 millions dans le budget lunaire. La chaîne YouTube de la Nasa ouvre son direct à 21 h 00. Les barrières d’autoroute 405 et 528 deviendont des tribunes improvisées ; l’éco-tourisme spatial est devenu une ligne comptable du comté d’Orange.
Derrière le rideau, un robot autonome vient de poser 100 MW de panneaux solaires dans le désert de Mojave, deux fois plus vite qu’une équipe humaine. Même pas une ligne de code de remerciement dans le communiqué officiel. La Nasa ne parle pas de ses machines, elle parle de ses hommes. Pourtant, ce sont elles qui préparent le sol lunaire pendant que nous regardons le ciel.
Demain soir, quand le feu du RS-25 embrasera la lagune, ce ne sera pas un spectacle. Ce sera la facture : 20 milliards déjà dépensés, 90 encore promis pour poser une femme et un homme sur la Lune d’ici 2026. Le reste est littéralement écrit dans les étoiles. Ou enteré dans les amendements budgétaires.
