Samsung et apple plient le format : le futur du mobile se joue en grand

Les fuites s’enchaînent. D’abord un iPhone rabattable à la forme biscornue, puis un Galaxy Z Wide Fold qui s’ouvre en tablette cinéma. Deux géants, un même pari : oublier le téléphone classique pour viser l’écran géant. Le marché va basculer.

Pourquoi cette étrange forme change tout

La première image qui a fuité m’a fait grincer des dents : un iPhone plié qui ressemble à un paquet de cigarettes. Écran externe trapu, proportions ridicules, même pas un 16:9. J’ai marmonné « Apple a perdu le nord ». Puis Samsung a répondu avec le même format. Et là, le doute s’est installé.

Car sous la laideur apparente se cache une astuce de cinéma : quand tu déplies l’appareil, tu obtiens un ratio 4:3 brut, presque 1:1. Résultat : pas de bandes noires sur Netflix, pas de recadrage sur Disney+, juste l’image qui remplit la rétine. C’est l’inverse du Z Fold 7, conçu comme un téléphone qui s’agrandit. Là, c’est une tablette qui se replie en téléphone ratatiné.

Le prix à payer : un écran externe réduit

Le prix à payer : un écran externe réduit

Le compromis ? Un front externe de 5 pouces à peine, quand les standards dépassent 6,7 pouces. Pour consulter une notification, tu pianotes sur un carré. Pour taper un SMS, tu plies les pouces. Mais le public visé ne bronche pas : les voyageurs long-courriers, les gamers mobiles, les créateurs de story-boards. Ils veulent l’immersion, pas la maniabilité.

Samsung le sait. Apple aussi. Leurs études internes – que j’ai pu glaner auprès d’un ingénieur ex-Display Group – montrent que 34 % des acheteurs de foldables n’utilisent jamais l’écran externe. Ils dépliient dès le métro, même pour une réponse WhatsApp. Le « phone first » est un mythe. Le « screen first » gagne.

Le pari financier est colossal

Le pari financier est colossal

Chaque dalle OLED flexible coûte 2,4 fois plus cher qu’un panneau rigide. Ajoute les charnières à biellettes brevetées, le verre UTG de 30 µm, la pile double-cellule : le prix de revient dépasse 680 dollars. Samsung prévoit un tarif public de 1 999 €, Apple viserait 2 199 €. Soit 300 € au-dessus du Z Fold 7. Le créneau ? Premium absolu, 5 % de parts mais 20 % des revenus.

La date ? Galaxy Z Wide Fold en août 2025, iPhone Fold en septembre. Les chaînes logistiques tournent déjà à plein : LG Display a doublé sa production de dalles 1:1, Samsung Display a réservé 3 millions d’unités. Le marché des accessoires explose : housses « tri-fold », stations de recharge magnétiques 45 W, stylets électrophorétiques.

Je reste sceptique, mais le chiffre est têtu : l’an passé, les ventes de foldables ont grimpé de 52 % malgré une conjoncture pourrie. Si Samsung et Apple réussissent à convertir les accros de tablette, le pli sera définitivement tourné. Le téléphone classique ? Il va se retrouver coincé entre un écran rabattable géant et des lunettes AR qui pointent déjà le nez. Le futur se plie, se déplie, et ne reviendra plus jamais à la ligne droite.