Musk veut déplacer l’ia dans l’espace, mais starship tient la clé
Elon Musk rêve
de data-centers orbitaux alimentés par un soleil sans nuage. Le hic ? Il faut d’abord qu’une fusée de 120 m atterrisse sans s’exploser.Karin Fronczke, la directrice investissements privés chez Fidelity, a passé lundi au crible le projet sur Bloomberg Television. Résultat : la faisabilité tient à une feuille Excel qui calcule le coût du kilowatt hors sol. « Conceptuellement, ça tient debout », lance-t-elle. « Économiquement, on attends Starship. »
Une fusée, 100 tonnes de serveurs et des voisins silencieux
L’idée est simple : monter les GPU à 400 km d’altitude, profiter d’un vide thermique naturel et d’un rayonnement solaire permanent, puis redescendre les modèles entraînés par laser optique. Plus de NIMBY, plus de grille surchargée, plus d’eau pour refroidir. Le tout piloté depuis Austin, où Tesla et SpaceX construiront la fonderie Terafab de puces dédiées.
Mais le carnet d’envoi reste bloqué au sud du Texas. Le troisième vol test de Starship est prévu en juin. Si le « flip » d’atterrissage fonctionne, le coût par kilo passe sous la barre des 1 000 dollars. Fronczke tapote sa calculatrice : « À ce prix-là, l’énergie orbitale devient moins chère que celle de certaines régions rurales américaines. »

Starlink, rampe de lancement d’un empire hors sol
Entre-temps, la constellation a déjà changé d’échelle : 10 millions d’abonnés, 80 % des charges orbitales mondiales, un lancement tous les deux jours. « SpaceX est devenu la FedEx de l’espace », résume l’investisseuse. Le cash-flow de Starlink finance les itérations de Raptor, moteur de Starship, sans dilution capitalistique. Un cercle vertueux qui rappelle Amazon utilisant le commerce pour payer le cloud, sauf que cette fois le cloud s’envole littéralement.
Reste l’inconnu juridique. Aucun traité ne régit l’exploitation commerciale de l’orbite basse. Fronczke hausse les épaules : « Quand vous transportez déjà 90 % des satellites, vous écrivez de facto les règles. »
La prochaine fenêtre de tir, aux alentours du 15 juin, dira si la feuille Excel devient business plan ou reste science-fiction. Car dans le bureau de Fidelity, le curseur clignote sur la même cellule : coût par kilo, coût par kilo, coût par kilo. Tant que le chiffre ne passe pas au vert, l’IA restera clouée au sol, peu importe la puissance de ses rêves.
