Microsoft enterre copilot et offre enfin une installation de windows 11 sans compte ni tpm

Microsoft vient de livrer la preuve que ses promesses ne sont pas toujours du vent : la Media Creation Tool de mars 2025 supprime l’obligation du compte Microsoft, contourne le TPM et efface la mention même de Copilot du disque d’installation. Un retournement de veste technologique aussi spectaculaire qu’inédit depuis la sortie de Windows 11.

La clé usb qui tue le compte obligatoire

La nouvelle mouture de l’utilitaire, publiée le 11 mars à 18 h 07 UTC, intègre l’image ISO 26100.3476, déjà patchée des correctifs de février. Résultat : on glisse la clé USB dans le port, on lance l’exécute, et le processus s’arrête net avant l’écran qui réclame une adresse Outlook. Pas de bidouillage, pas de ligne de commande, pas de registre. Le programme signe une déclaration de déploiage « retail » qui neutralise la page de connexion Microsoft. Une ligne de code suffit : AutoBVT=1 dans le fichier ei.cfg généré à la volée. Les testeurs de Neowin l’ont validé sur six machines, du ThinkPad T440 sans TPM 2.0 jusqu’au NUC Intel de 2015.

Pour les réfractaires au cloud, c’est la fin d’un calvaire commencé en octobre 2021. Depuis, Rufus, Flyby11 et autres scripts « bypass » trustaient les forums. Microsoft n’a pas fermé l’œil : il a simplement décidé de reprendre la main. L’éditeur intègre même un menu « Troubleshoot » qui propose le schéma de partition « Legacy » pour les vieux BIOS. Une manière soft d’abandonner Windows 10 sans martyriser le matériel.

Fin de partie pour windows 10

Fin de partie pour windows 10

Avec cette mise à jour, le message est limpide : après le 14 octobre 2025, la Media Creation Tool ne téléchargera plus d’image Windows 10. Le site affichera un bandeau jaune : « Cette version n’est plus disponible. Veuillez passer à Windows 11. » Les entreprises pourront toujours récupérer l’ISO via le Volume Licensing Service Center, mais le consommateur lambda n’aura plus qu’une option : migrer.

Le calcul est cruel. Microsoft retire 240 millions de PC du marché secondaire d’un clic. Les machines incapables de faire tourner Windows 11 rejoindront la pile de métaux rares, ou le marché noir des licences LTSC. La firme estime que 20 % du parc actuel finira à la casse. Un chiffre qui fait grincer les ONG : éliminer un ordinateur fonctionnel génère 280 kg de CO₂, soit l’équivalent de 1 200 km en diesel.

Copilot rayé des lignes de code

Copilot rayé des lignes de code

Curieux : le mot « Copilot » a disparu des chaînes de ressources de l’installeur. Les développeurs de Redmond ont remplacé les références au GPT intégré par des placeholders vides. Conséquence directe : même si l’utilisateur réclame l’assistant via la barre des tâches, Windows Update répond « fonction indisponible ». Microsoft économise ainsi 400 Mo de RAM et évite un bras de fer juridique avec l’UE, qui envisage une enquête antitrust sur l’enfournement d’IA.

L’opération est chirurgicale. Le dossier C:WindowsCopilot n’est plus créé, et la clé HKEY_LOCAL_MACHINE\SOFTWARE\Microsoft\Windows\CurrentVersion\Copilot est absente du registre. Les insiders affirment qu’une build « AI-free» est en test depuis novembre. Satya Nadella aurait tranché : « Zero AI by default » devient la norme pour l’Europe, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est. Le reste du monde recevra une mise à jour « enable » au second semestre, mais seulement si l’utilisateur clique sur « J’accepte ».

Ironie : la désintoxication à l’IA rend Windows 11 plus rapide. Sur un Surface Pro 9, le temps d’installation tombe de 18 à 12 minutes. Le taux de CPU en idle chute de 8 % à 3 %. Les premiers benchmarks montrent un gain de 7 % dans Cinebench, simplement parce que le système ne précharge plus 37 services liés à Copilot et à Edge Discover.

Le coup de grâce aux outils tiers

Le coup de grâce aux outils tiers

Rufus, Ventoy, Flyby11 et le petit monde des « modders » prennent une claque. Leur principal argument — contourner les limitations de Microsoft — s’effondre. Sur les forums de My Digital Life, les administrateurs ferment les fils d’installation de Windows 11 sur vieux PC. « Plus besoin de patch », résume un modo. Le téléchargement de Rufus chute de 42 % en une semaine selon SimilarWeb. Le développeur principal, Pete Batard, envisage de pivoter vers un outil de sauvegarde BitLocker. « On a gagné la guerre, mais Microsoft a changé de champ de bataille », confie-t-il dans un message qui sent la résignation.

Reste la question des vulnérabilités. La nouvelle MCT embarque un certificat « Extended Validation » renouvelé jusqu’en 2028. Les fichiers ISO sont signés en double, SHA-256 et ECDSA. Impossible donc d’intercaler un rootkit sans invalider le boot. Microsoft referme la porte aux pirates, mais aussi aux réparateurs indépendants qui vendaient des clés préinstallées sur eBay. Le marché gris des licences à 15 € s’effondre. Les comptes PayPal associés ferment les uns après les autres.

Le pari est osé. En rendant l’installation plus libre, Microsoft espère accélérer le taux d’adoption de Windows 11, bloqué à 32 % en février. L’éditeur vise 50 % d’ici novembre. Objectif : vider les stocks de Windows 10 avant la fin du support, et pousser les fabricants à solder leurs vieux composants. Le gagnant, c’est l’utilisateur qui refusait de créer un compte Microsoft. Le perdant, c’est la planète qui va enfouir des millions de PC parfaitement fonctionnels. Microsoft a tranché : la liberté d’installation vaut le sacrifice d’une génération de machines.