Wall street flirte avec l'espoir avant la fed, mais la guerre au moyen-orient rappelle la réalité
Les indices new-yorkais s'offrent un vertige boursier à quelques heures de la décision de la Réserve fédérale. Le S&P 500 gagne 0,5 % en avant-bourse, le Nasdaq 100 grimpe de 0,6 %, le Dow Jones suit. Un sprint euphorique qui masque la tension palpable des salles de marché : personne ne sait si la Fed osera hausser le ton face à l'inflation ou si elle pliera devant la récession.

Le pétrole, ce couteau sous la gorge de la fed
Le baril de Brent flirte encore avec les 104 dollars, même s'il recule légèrement après avoir frôlé les 106. Une simple respiration. Car le conflit Iran-Israël, désormais entré dans sa troisième semaine, impose sa loi : prix de l'essence en flèche, anticipations d'inflation ravivées, budgets des ménages américains déjà à la peine. La Fed, coincée entre ses deux mandats — prix stables et emploi —, devrait donc geler ses taux mercredi, renonçant à tout assouplissement en 2024. Une posture que les marchés commencent à digérer au prix d'une nervosité chronique.
En Europe, le Stoxx 600 atteint son plus haut depuis dix jours, porté par la même illusion d'un relâchement monétaire. À Séoul, le Kospi bondit de 2 %. À New York, les géants de la tech se rattrapent aux vacances de ventes. Tout le monde joue l'optimisme à la roulette, sachant que le moindre tweet géopolitique peut faire s'effondrer le château de cartes.
La vérité est plus crue : les cours du brut dictent la bande-son de la reprise. Tant que Doha et Téhéran négocient dans le dos des traders, tant que les raffineries du Golfe restent sous la menace, la Fed garde la main sur le bouton d'alarme. Et les investisseurs, eux, continuent de parier sur un retour à la normale qui n'arrive pas.
Demain, après le communiqué de Jerome Powell, les carnets de commandes révéleront si la hausse de ce mardi n'était qu'un ultime sursaut avant la claque. Entre-temps, les screens resteront allumés toute la nuit : personne ne veut rater le moment où la bulle d'espoir éclatera, ni la opportunité de grappiller encore quelques points avant le crash. Car sur les marchés, comme au Moyen-Orient, la guerre ne fait que commencer.
