Murtra lance telefónica à la conquête de l’europe d’ici 2030
Marc Murtra a pris la parole jeudi matin devant l’assemblée générale de Telefónica comme un capitaine qui remet le cap sur l’Atlantique. Objectif affiché : faire entrer l’opérateur espagnol dans le trio de tête des télécoms européennes d’ici 2030, puis dans le top mondial cinq ans plus tard. Le plan, déjà ébauché en novembre, devient feuille de route. Il ne s’agit plus de promettre, mais de livrer.
Lo que nadie cuenta es que le défi se joue autant sur la fibre que sur les satellites, les data centers et… les drones. Murtra a glissé trois mots qui font trembler les concurrents : défense, cyber, cloud. Traduction : Telefónica compte facturer des services sécurisés aux gouvernements et aux grandes entreprises, un créneau jusqu’ici réservé aux SSII françaises ou aux géants américains.

Le plan 2026 en trois chiffres
D’ici 2026, 10 Gbps de fibre seront disponibles en Espagne et au Brésil, les deux cash cows du groupe. Le 5G couvrira 100 % des zones à forte densité du périmètre « core » (Espagne, Allemagne, Royaume-Uni). Et la branche cyber-défense, portée par la filiale Telefónica Tech, visera 350 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 290 millions attendus en 2025. La cifra habla por sí sola: +20 % de croissance annuelle dans un marché où la moyenne peine à dépasser 5 %.
Derrière la rhétorique, l’arme secrète s’appelle hiperpersonalización. Telefónica injectera l’IA dans chaque point de contact client : factures prédictives, antennes qui adaptent leur fréquence en fonction du profil, hotbots qui résolvent 80 % des incidents sans intervention humaine. Résultat annoncé : 500 millions d’euros d’économies de coûts et un taux de désabonnement ramené sous la barre des 1 %, soit deux fois moins que la moyenne européenne.
Mais hay un detalle que Murtra n’a pas scandé : l’Amérique latine devient otage de la trésorerie. Le groupe achève sa sortie du Pérou, de l’Uruguay, de l’Équateur, de la Colombie et du Chili. Les dividendes de ces exfiliales financeront les investissements européens. Le risque ? Une exposition géographique réduite à trois pays riches mais saturés, où la guerre des prix est déjà meurtrière.
Le directeur général a clos son allocution en citant un néologisme tombé du ciel : proditomanía, la manie de croire que tout le monde complote contre vous. « Elle n’existe pas chez Telefónica », a-t-il lancé, claquant la porte aux théories du complot. Le message était clair : le navire est soudé, le capitaine entend tenir barre jusqu’au bouclier fiscal et technologique qu’il espère obtenir de Bruxelles.
Si les régulateurs jouent le jeu, Telefónica pourrait devenir la première téléco européenne à offrir une offre cloud-sécurité-défense clé en main. Sinon, Madrid devra se contenter d’un opérateur national très endetté, mais brillant. Le compte à rebours est lancé : 2 190 jours pour entrer dans l’histoire, ou rentrer dans le rang.
