Mediaset dégaine un bouquet 100 % cartoons pour chiper la dernière fréance tdt
Mediaset Espagne a sorti
l’artillerie colorée. Le groupe a déposé un projet de chaîne purement infantile sur la TDT pour capter la licence nationale promise par Madrid avant la fin du mois. Objectif : cloner Boing, sa filiale déjà numéro un chez les 4-14 ans, et verrouiller l’écran familial jusqu’à l’heure du goûter.Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a ouvert le dossier en octobre, après le passage au standard DVB-T2 qui libère une place en ultra-haute définition. Douze mois de délai théorique, mais les couloirs de l’institution murmurent qu’un nom tombera dans les prochains jours. Le lauréat disposera ensuite de six mois pour allumer la lumière. Si le calendrier tient, les dessins animés débarqueront fin 2026.

Le clan prisa répond par une chaîne d’info en continu
Face à Mediaset, un consortium piloté par d’anciens actionnaires de Prisa mise sur l’exact opposé : talk-shots politiques, éco et débats au prime time. Deux visions qui ne se frôlent même pas sur la grille. D’un côté, les studios regorgent de celluloïd importés – Adventure Time, Ben 10, Doraemon – et de l’autre, des plateaux où les éditorialistes décryptent la crispation de la coalition de Pedro Sánchez.
La manœuvre de Mediaset ne surprend personne. Boing, lancée en 2010, truste 2,4 % de part d’audience chez les enfants, un score colossal dans un pays où la concurrence publicitaire s’érode. Reproduire la recette sur la TDT gratuite, c’est offrir aux annonceurs un caddy de 8 millions de juniors sans abonnement satellite. Le modèle économique ? Un tiers de recettes publicitaires, deux tiers de licensing autour de Marvel ou Cartoon Network.
Reste la question du câble. Madrid a théoriquement interdit les chaînes à vocation commerciale d’exiger des opérateurs une contrepartie financière. Mais les négociations restent en coulisses. Les opérateurs locaux craignent une hausse des droits de réémission si Mediaset parvient à imposer son bouquet comme « service généraliste ». Le gouvernement, lui, espère juste remplir la case « diversité culturelle » sans ouvrir une nouvelle guerre entre Atresmedia et Mediaset.
En attendant, les parents espagnols peuvent déjà repérer les teasers. Des rumeurs circulent sur un reboot ibérique de La Casa del Árbol et une version doublée en galicien de Pokémon Horizons. Des sources internes assurent que le budget annuel dépassera 35 millions d’euros, soit le double de ce que Boing consacre aujourd’hui à ses coproductions. Une injonction claire : si vous voulez la licence, montrez les crayons.
Derrière la guerre des générations, c’est aussi celle des généraux. Giuseppe Tringali, directeur général de Mediaset España, a déjà recruté vingt-cinq anciens cadres de Disney Channel Europe. Objectif : produire 400 heures de contenu local avant 2028, un chiffre qui fait trembler les studios catalans habitués aux subventions régionales. Car Madrid a glissé une clause dans l’appel d’offres : 30 % de création originale européenne, dont la moitié en langues officielles du royaume. On devine des séries en basque ou en valencien alignées entre deux épisodes de Spidey.
Alors, qui raflera la dernière fréquence ? Le carton jaune de Mediaset ou le plateau gris de Prisa ? Réponse avant Pâques. Et quand le signal 4K s’allumera, l’un des deux camps pleurera – pendant que les enfants, eux, zapperont sans même remarquer qu’on leur a volé une heure de sommeil.
