Disney+ rouvre enfin le robinet dolby vision en europe, mais garde le silence sur l’indemnisation

Un mois entier sans le moindre pixel en Dolby Vision ni image 3D sur Disney+ : c’est le trou noir que les abonnés européens du plan Premium viennent de vivre sans préavis. Ce matin, la plateforme a réactivé discrètement les deux formats. Motif invoqué : un barrage juridique déclenché par le troll de brevets InterDigital devant un tribunal allemand.

La guerre des codecs derrière le rideau de mickey

Début février, l’application perd soudain son étiquette Dolby Vision sur les téléviseurs, les Apple Vision Pro et même les iPad Pro. Les films en 3D, eux, deviennent introuvables. Aucun mail, aucun bandeau, pas un tweet. Le service client répète « contraintes techniques » et renvoie à une page d’aide vide. En coulisses, un juge de Munich ordonne le blindage total du flux HDR pour respecter un brevet d’InterDigital sur la gestion des métadonnées dynamiques. Résultat : 15,99 € par mois pour du SDR, un retour à 2015.

Disney n’a pas fait appel. Elle a coupé l’herbe sous le pied des spectateurs plutôt que de risquer une amende plus salée. Le même scénario vaut pour la 3D, qui repose sur des couches Dolby Vision additionnelles. Un ingénieur streaming confie : « On a désactivé des millions de transcodes en une nuit. Le CDN a flanché, les gens croyaient un bug. »

Le hdr10+ n’a jamais été une option, la facture reste entière

Le hdr10+ n’a jamais été une option, la facture reste entière

Curieux : Disney précise que le HDR10+ « n’est pas encore déployé en Europe ». Traduction : pas de plan B. Les possesseurs de téléviseurs Samsung, qui ne lisent pas le Dolby Vision, n’ont donc rien remarqué. Les autres, si. Sur les forums, des captures côte à côte montrent un écart de gamme chromatique abyssal entre le 4 SDR et le 4 DV. L’indignation monte : « On paie le double pour du Atmos et du Vision, on se retrouve avec de la stéréo et du SDR. »

La société refuse toute compensation. « Nous avons respecté les termes du contrat : accès au catalogue, pas à une technologie spécifique », répond-on en privé. Une réponse légale, mais politiquement suicidaire à l’heure où Netflix vient de caler une hausse de prix similaire et où Amazon annonce Prime Video Ultra à 19,99 €.

Le calme avant la prochaine guerre

Le calme avant la prochaine guerre

Les flux Dolby Vision et 3D sont de retour, mais la licence signée avec InterDigital reste sous le sceau du secret. Personne ne sait si Disney a cédé à l’extorsion ou négocié une réduction. Le brevet arrive à expiration dans 30 mois ; d’ici là, d’autres poursuites couvent en Espagne et en Italie. Pour l’instant, Mickey compte sur l’amnésie des abonnés et sur le lancement de Deadpool 3 en 4 DV pour effacer le mauvais souvenir.

Entre-temps, la facture de février est toujours là. Pas de geste commercial, pas de crédit, pas même un mois offert. Le message est limpide : dans la guerre des brevets, le spectateur paie les dommages. Et il se tait, parce que personne d’autre ne propose Encanto en 4K.