Unihertz défie les géants : 3 millions de dollars pour un clavier physique !
Le marché des smartphones est-il condamné à la domination tactile ? Loin de cela. La startup chinoise Unihertz vient de prouver qu'il existe une demande insatiable pour ce que l'on croyait disparu : le clavier physique. Sa Titan 2 Elite a déjà récolté plus de 3 millions de dollars sur Kickstarter, en seulement 11 minutes. Un cinglant revirement de situation pour les Samsung et Motorola qui ont enterré cette fonctionnalité il y a des années.
Un succès kickstarter fulgurant
Avec un objectif de financement initial de seulement 100 000 dollars, la Titan 2 Elite a explosé les compteurs dès le lancement de sa campagne. Plus de 6 000 personnes ont déjà investi dans un smartphone qui n'a ni le meilleur appareil photo, ni les bords les plus fins, ni écran pliable. Ce qu'il possède, en revanche, c'est un clavier QWERTY physique, un écran AMOLED de 4,03 pouces avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz, la 5G et Android 16, avec des mises à jour promises jusqu'à Android 20.
Le modèle standard, équipé d'un processeur MediaTek Dimensity 7400, de 12 Go de RAM et de 256 Go de stockage, est proposé à 389 dollars. La version Pro offre un Dimensity 8400 et 512 Go pour 479 dollars. Des spécifications loin du haut de gamme, mais amplement suffisantes pour un appareil conçu pour la productivité, et non pour les benchmarks de jeux.

Le grand oubli des constructeurs
L'argumentaire habituel des grands constructeurs est simple : le marché des téléphones à clavier est trop restreint pour justifier les coûts de R&D, de fabrication et d'espace en rayon. Sur le papier, 6 000 contributeurs sur des milliards d'utilisateurs de smartphones semblent négligeables. Mais la réalité est bien différente. Unihertz, une entreprise basée à Shanghai, sans budget marketing à la Samsung, sans partenariats de transporteur à la Motorola, ni la notoriété de Google, a récolté 3 millions de dollars en une semaine grâce à Kickstarter.
Imaginez ce que Samsung ou Motorola pourraient accomplir s'ils décidaient de proposer un téléphone à clavier aux côtés du Galaxy S26 ou du Razr. L'audience est bel et bien là, elle est simplement ignorée.

Blackberry : une leçon à ne pas reproduire
L'ombre de BlackBerry plane inévitablement sur toute discussion concernant les téléphones à clavier. La marque a tenté de revenir à plusieurs reprises, sans succès. Le TCL KEY2 était la dernière tentative d'un nom reconnu, mais il n'a pas rencontré le succès escompté. La leçon à retenir de l'échec de BlackBerry n'est pas que personne ne veut de claviers. C'est que BlackBerry a essayé de jouer dans la ligue du flagship, en proposant des appareils vieillissants à des prix premium. Unihertz évite ce piège en proposant un prix de milieu de gamme, des spécifications de milieu de gamme et une vente directe aux consommateurs via Kickstarter, sans campagnes publicitaires massives, négociations avec les opérateurs, ni pression pourécouler des millions d'unités. De plus, ils s'engagent à assurer une assistance logicielle jusqu'à Android 20 et des correctifs de sécurité jusqu'en 2031, ce que peu de marques plus importantes sont prêtes à offrir.
Clicks : un concurrent sérieux
Unihertz n'est pas seul dans cette course. Clicks, la société cofondée par Michael Fisher, s'apprête à lancer son propre téléphone à clavier, le Communicator, plus tard cette année à 499 dollars. Notre équipe a pu le tester au MWC et a été impressionnée. Le Communicator se positionne davantage comme un appareil compagnon, tandis que la Titan 2 Elite ambitionne d'être votre smartphone principal. Deux approches différentes pour la même idée, et les deux parient sur une chose que les grandes marques continuent d'ignorer : les gens veulent du choix.
Samsung et Motorola, prenez note. La demande est là, et elle est tangible. Le succès de la Titan 2 Elite est un signal clair : le clavier physique n'est pas mort, il attendait juste une opportunité pour ressurgir.
