Wall street prépare son lancement-fusée : spacex vaut déjà 1,75 billion $

À New York, la semaine de Pâques a glissé dans l’ombre boursière un formulaire D aussi discret qu’une fusée à l’allumage. SpaceX vient de frapper à la porte de la SEC : l’IPO est lancée, même si la cloche de Wall Street n’a pas encore sonné. Objectif ? Fin juin. Enjeu ? 1 750 milliards de dollars de valorisation, soit 500 milliards de plus que la dernière estimation de janvier 2026. Le record d’Aramco, la saoudienne, va sauter plus haut que la stratosphère.

Elon musk dépasse le trillion avant l’ouverture

La rumeur court depuis des mois dans les couloirs de Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley, Bank of America, Citi et jusqu’au Banco Santander : vingt et une banques ont baptisé l’opération « Projet Apex ». Elles tiennent la liste des happy few qui recevront l’appel sacré d’ici juin. Car chaque tranche de 5 % du capital vaut déjà 60 milliards. Faites le calcul : Musk, qui conserve la majorité des actions avec droit de vote, devient le premier homme à dépasser le trillion de dollars de fortune avant même l’entrée en piste. Tesla, X, xAI : son empire se fusionne en un conglomeré boursier que personne n’a encore vu.

Derrière le rideau, la foire est déjà ouverte. Des centaines de SPV — special purpose vehicles — déposent des Form D à la SEC chaque semaine. Leur nom est transparent : SpaceX Fund Series B, SpaceX Pre-IPO Trust, Grok SpaceX Partnership. Leur fonction ? Racheter des titres existants ou des options délivrées aux salariés entre 2020 et 2025. Résultat : un marché gris où des brokers de seconde zone promettent des parts à des particuliers qui n’ont jamais vu le cap table réel. Reuters a déjà recensé des investisseurs qui ignorent la nature exacte de leurs « parts ». Le risque ? Des titres fantômes, des commissions exorbitantes, des valuations gonflées au néon.

Xai, nvidia et les fonds souverains scellent la fusion

Xai, nvidia et les fonds souverains scellent la fusion

La manœuvre est plus vaste qu’un simple IPO. SpaceX absorbe xAI, la start-up d’intelligence artificielle propriétaire de Grok et de la plateforme X. Nvidia, Cisco, Sequoia, Founders Fund, Thrive Capital, Alphabet, Fidelity et plusieurs fonds souverains du Golfe ont bouclé une ronde à 250 milliards juste avant l’annonce. Le nou ensemble se présentera comme une galaxie intégrée : lanceurs, satellites, IA, réseau social, données en orbite. Le prix de l’action ? Inconnu. Le nombre d’actions à distribuer ? Secret. Seule certitude : la demande dépasse l’offre comme une charge utile qui dépasse la capacité d’un Falcon 9.

À Palo Alto, chez Tesla, à Hawthorne, chez SpaceX, et même à Austin, chez xAI, les employés reçoivent des e-mails internes : « Prepare your equity statements. » Traduction : rangez vos stock-options, le jour de la liquidation approche. Pour les ingénieurs, c’est la promesse de yachts baptisés Starship ; pour les premiers investisseurs, c’est la sortie du siècle. Pour le reste du marché, c’est un stress test : jamais autant d’argent n’a flotté aussi vite autour d’une entreprise encore privée.

La bande-son ? Un compte à rebours qui résonne comme une mélodie de cash-flow. Le signal d’alarme ? Une valorisation aussi vertigineuse que la orbite terrestre basse. Quand la cloche sonnera, le monde découvrira le prix d’une fusée qui vaut plus que l’ensemble des compagnies pétrolières européennes réunies. Et si jamais le moteur secondaire de la hype s’éteint, la chute sera aussi rapide qu’un stage séparation. Attachez vos ceintures, la gravité financière ne fait jamais de cadeau.