Un œuf, 10 000 $ et deux copains : la machine eggmazing qui a décoiffé silicon valley
Ils n’avaient ni boîte à code ni MBA, juste une table de cuisine, une colleuse à chaud et des enfants qui s’ennuyaient. Sept ans plus tard, Scott Houdashell et Curtis McGill facturent huit millions par an avec un jouet qui ne fait que faire tourner un œuf. Le secret ? Un prêt de 150 000 $ arraché aux économies universitaires des gamins et une vidéo qui a explosé sur Facebook à vingt-trois jours de Pâques.
Le coup de génie tient dans une vis sans fin en plastique
Galien, Oklahoma, 2015. Scott regarde les petits McGill déserter la table de coloration. Il percute : la couleur à l’eau est trop lente pour des cerveaux surstimulés. Il demande un tournevis, un moteur de train électrique Fisher-Price et vingt minutes plus tard l’œuf tourne tout seul. Les feutres glissent, les lignes deviennent nettes, les gamins hurlent. Curtis, lui, voit un cahier de commandes. Il sort le chéquier familial. Sa femule : 150 000 $ à 10 %, remboursables dès la première saison.
Problème : aucun distributeur ne veut d’un gadget saisonnier. Ils stockent 10 000 pièces dans le couloir du cabinet d’assurance de Scott, laissent juste un filet pour atteindre les toilettes. Le 3 mars 2017, une mère poste une vidéo : son rejeton décore six œufs en trois minutes, time-lapse et sourire béat. Trente millions de vues en quarante-huit heures. Costco appelle. Walmart aussi. Les cartons s’évaporent en vingt-trois jours. Ils n’ont même pas eu le temps d’imprimer des manuels.
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Shark tank révèle l’arnaque du « seasonal »
Lori Greiner mord : 350 000 $ contre 10 % d’équity. Elle qui a fait fortune avec un organisateur de boucles d’oreilles sait que le moindre objet peut devenir irrésistible s’il résout une micro-friction. Elle impose un rebranding : Hey Buddy Hey Pal, la phrase que les deux hommes s’envoient en se croisant à l’aéroport depuis vingt ans. Résultat : le Eggmazing devient un cadeau de dernière minute, pas seulement un produit pascal. Chaque novembre, chaînes QVC et Hobby Lobby replacent le display en rayon « impulsif ». L’œuf ne meurt plus.
Scott achète deux avions, Curtis paie l’université privée pour ses trois enfants. Ils reversent 1 % du chiffre à des écoles rurales d’Oklahoma, histoire de ne pas oublier d’où vient l’idée. Leur prochain front : le Christmas Ornamator, même moteur, même vis sans fin, mais cette fois c’est la boule de Noël qui tourne. Objectif : 20 millions en 2025. La leçon ? Un créneau minuscule peut rapporter gros tant qu’on reste frugal et qu’on filme le moment où l’enfant repousse l’écran tactile pour saisir un feutre.
