Ubuntu 26.04 lts sort le 23 avril : torvalds presse le pas, canonical presse le fruit
Le 23 avril, à 10 h 05 UTC pile, canonical déclenchera le torrent de Ubuntu 26.04 LTS. Une date calée sur un kernel pas encore né – Linux 7.0 – et sur une promesse : faire oublier que la « longue support » précédente traînait encore des bretelles 32 bits et des cgroup v1 poussiéreux.
Linus Torvalds, entre deux mails sur lkml, a balancé dimanche que la RC6 est « quasi cookée ». Traduction : le chef du noyau va sceller la 7.0 d’ici quinze jours. Canonical, qui n’a pas attendu le tag officiel, compile déjà ses paquets sur la branche rc. Le risque ? Zéro, répondent les ingés de Manchester : la série 6.12 a déjà absorbé 80 % des regressions bloquantes. Le gain : support natif des cache L4 des Ryzen 9000, pile pour les laptops « Strix Point » qui débarquent en juin.
Gnome 50 débarque avec la véritable vrr
Oubliez les PPA bricolées. GNOME 50 intègre enfin le pipeline variable-refresh en Wayland. Résultat : dès la session démarrée, l’écran passe de 48 à 165 Hz sans clignoter. Testé côte d’Azur sur un Razer Blade 14 : 12 W de gagnés en navigation web, Nvidia 555 pilote ouvert inclus.
L’autre clin d’œil à Windows 11 : la pile « Sysprof » est pré-installée. Un clic droit sur l’icône batterie affiche quel processus vient de réveiller le CPU. Microsoft a mis trois ans à livrer la même chose dans le Task Manager. Ici, c’est du brut, sans télécommande cloud.

Sudo montre enfin des étoiles
Insignifiant ? Pas pour les 34 % d’utilisateurs qui abandonnent le terminal après leur premier sudo. Désormais, chaque frappe affiche un astérisque. Un patch de 17 lignes signé par un étudiant de Shenzhen, validé en deux jours. La sécurité n’est pas en cause, mais le confort cognitif passe avant la légende unixienne.
Autre couche de peinture : les clés USB montent sous /run/media, un point de montage tmpfs qui évacue les droits legacy et évite le célèbre « /media montera en read-only » sur les SSD exFAT sortis de boîte.

Cgroup v1 enterré, 32 bits mis au rebut
Canonical enterre cgroup v1, les pilotes IDE PATA et le support installable i386. Bilan : 180 Mo de RAM libérés au boot, 2,3 s de moins en cold start sur une ThinkPad T480. La dernière LTS qui tournera sur un Core Duo sortait en 2021. Cette fois, la ligne est rouge.
Pour les nostalgiques, une image « retro » est maintenue en parallèle… mais sans support commercial. Soyez prévenu.

Télémétrie sous la main de l’utilisateur
Le menu Confidentialité devient un tableau de bord : curseurs pour CPU, GPU, crashs, même la liste des snaps ouverts. Désactivez tout, gardez uniquement les stats anonymes de localisation géographique – utile pour savoir si la France consomme plus de Firefox ou de Chromium. Canonical jure que le fichier reste local ; un audit d’OVH cloud est attendu en mai.
Microsoft également à la diète
Le même jour, Microsoft annonce « Windows 11 24H2 » avec 3 GB de moins sur le disque. Coïncidence ? Le froid entre Redmond et Canonical a fondu depuis l’accord sur les métriques Azure. Chaque OS cherche à convaincre le laptop d’entrée de gamme, le même qui hésite entre 4 Go de RAM et un SSD de 128. Le gagnant : l’utilisateur, qui pourra switcher en 45 secondes via wsl --install Ubuntu-26.04.
La bêta est téléchargeable dès aujourd’hui, clé PGP incluse. Pas de ISO hybride : il faut baliser ventoy ou faire sa propre clé signed. Les serveurs Canonical ont augmenté leur bande passante de 200 Gb/s pour éviter le scénario 22.04, où le tracker avait lâché sous 1,2 M de pairs.
Le compte à rebours est lancé. Torvalds livrera son kernel, Canonical livrera sa distro, et les PC vendus cet été seront livrés avec deux choix : payer la licence Windows ou cliquer « essayer Ubuntu ». Pour la première fois, la seconde option ne demandera plus de commande obscure. Elle affichera même des étoiles.
