Trump veut verrouiller l’ia fédérale et museler les états
Washington réécrit la règle du jeu. Le 12 décembre 2025, Donald Trump signe une ordonnance qui interdit aux États de légiférer seuls sur l’intelligence artificielle. Objectif : un seul standard national, dicté par la Maison-Blanche, et cinquante législations locales poussées au placard.
David sacks, le « tsar crypto », brandit le sceptre
Le sulfureux David Sacks, conseiller spécial en cryptomonnaies et IA, assume : « Cela donne au gouvernement les clés pour rejeter les réglementations étatiques les plus extrêmes. » Traduction : Sacramento, Albany ou Austin pourront bien voter des lois de transparence, une signature présidentielle suffira à les éteindre.
Le Pentagone, de son côté, vient de classer Anthropic comme « risque substantiel » pour la sécurité nationale. Le même jour, le Bureau du management et du budget publie un mémo réclamant au Congrès qu’il « remplace les lois étatiques sur l’IA qui imposent des charges indues ». Le texte propose des « environnements réglementaires expérimentaux » où les start-up pourraient tester des modèles sans casque de sécurité législatif, tant qu’elles protègent les mineurs et financent la facture énergétique.

Sam altman tire la sonnette
Sam Altman, CEO d’OpenAI, ne décolère pas : « Chaque nouvel obstacle locale nous fait perdre deux tours de manivelle face à Pékin. » Le Congrès a déjà enterré en juillet une première version du projet républicain. Les gouverneurs démocrates promettent des procédures devant la Cour suprême. En coulisses, les lobbyistes des GAFAM distribuent des études chiffrées : 7 milliards de dollars de surcoût si cinquante audits différents s’abattent sur le même algorithme.
Le plus dur reste à venir. Aucune nouvelle agence fédérale ne verra le jour, mais les entreprises devront financer des lignes à haute tension et des centres de données sous peine de sanctions. Le lobby pétrolier applaudit : les contrats de gaz naturel signés en Louisiane et en Pennsylvanie viennent d’empocher 14 GW de commandes.
Résultat : l’innovation américaine va devoir choisir entre deux vitesses. Celle des États-libres, prêts à bricoler leurs propres garde-fous. Et celle d’un exécutif qui veut verrouiller le terrain avant que Xi Jinping ne fasse le tour de la lune. Le Congrès reprend l’examen du texte à la rentrée. Si le non l’emporte encore, l’ordonnance restera en vigueur, mais saura-t-elle résister à la tempête judiciaire ? Pendant ce temps, les racks de serveurs continuent de chauffer. La guerre froide technologique n’attend pas.
