Trump offre 10 jours de répit aux marchés, mais l’ormuz reste une bombe à retardement
Les contrats à terme sur le S&P 500 bondissent de 0,5 % et le Brent se fige à 108 $ : Donald Trump vient de donner à l’Iran un sursis de dix jours avant toute frappe sur ses infrastructures pétrolières. Une manœuvre qui a suffi à freiner la pire déroute mensuelle des bourses depuis 2022, sans pour autant désamorcer la peur.
Le délai de trump : un cadeau empoisonné
Les traders ont salivé. Dès l’annonce du président américain, les indices européens ont ouvert en hausse de 0,6 %, Tokyo a limité ses pertes à –0,5 %, et les rendements des Treasuries ont lâché 48 points de base. Mais la victoire est creuse : l’échéance repoussée ne règle ni le détroit d’Ormuz – quasi fermé – ni la liste de conditions iraniennes qui exige la fin des frappes israélo-américaines. Résultat : le MSCI All-Country glisse encore de 10 % sur le mois, l’or s’envole de 2 % à 4 461 $ l’once, et les deux ans japonais frôlent leur plus haut depuis 1995.
Sur les écrans, le mot d’ordre est « wait & see ». Les hedge funds coupent leurs positions à la hache, les familles office se refugient en cash. Et derrière les portes du Pentagone, on évoque 10 000 hommes supplémentaires au Moyen-Orient : la promesse d’une accalmie masque un déploiement record.

Pétrole, puces et dette : le triple ciseau qui menace la croissance
Le baril a gagné 48 % en un mois. Chaque dollar de plus sur le brut ajoute 0,3 point d’inflation dans la zone OCDE, selon le modèle de la BPI. Traduction : les banques centrales devront peut-être resserrer encore, tandis que le Trésor américain emprunte déjà à 4,42 % sur dix ans. Pendant ce temps, le programme d’assurance maritime annoncé par Scott Bessent peine à convaincre : qui voudra assurer un tanker dans un couloir criblé de mines et de drones?
Autre front : Washington enquête sur le contrebandage de puces IA vers la Chine. Nvidia et Super Micro Computer perdent 3 % en after-market. Si des sanctions supplémentaires tombent, le coût des serveurs d’IA grimpera, traînant les nuages et le big data dans le tourbillon inflationniste.
À Sydney, Tony Sycamore résume la scène : « Repousser la date butoir, c’est juste déplacer la ligne de poudre. » Les marchés ont gagné dix jours. Le risque géopolitique, lui, ne fait que muter. Et tant que l’Ormuz ne rouvrira pas ses eaux, chaque rally boursier ressemblera à un dead-cat bounce : un rebond sans jambe, prêt à retomber dès le prochain tweet présidentiel.
