Sony japon suspend toutes ses cartes mémoire : le gouffre d'un an et demi commence
Sony arrache ses cartes mémoire des rayons japonais et déclenche un blackout sans précédent : plus une seule unité de ses modèles CFexpress et SD ne sera livrée avant mars 2026. Le géant vient de publier le communiqué qui fait trembler les studios de tournage, les agences photo et les data-centers : suspension totale des commandes, sans file d'attente, sans liste d'attente, sans garantie de reprise.
Les modèles touchés : le catalogue balayé
La liste est chirurgicale. CFexpress Type A : CEA-G1920T, CEA-G960T, CEA-G480T, CEA-G240T. CFexpress Type B : CEB-G480T, CEB-G240T. Cartes SD : SF-G256T, SF-G128T, SF-G64T, SF-M512T, SF-M256T, SF-M128T, SF-E256, SF-E128A, SF-E64A. Sony ne laisse rien passer, du haut de gamme au milieu de gamme, comme si la firme débranchait mémoire et stockage d'un seul geste.
La cause ? La pénurie de semi-conducteurs qui s'éternise plus que prévu. Sony avoue ne pas parvenir à aligner la moindre wafer de circuits de contrôleur flash pour ses cartes. Le groupe préfère suspendre plutôt que d'annoncer des délais brouillons, une stratégie rare mais implacable : mieux vaut un vide affiché que des promesses non tenues.

Conséquence : prix ps5 en hausse, ps6 repoussée
Moins de 72 heures avant cet arrêt, Sony avait déjà rehaussé les tarifs de la PlayStation 5, PS5 Pro et du PlayStation Portal, invoquant « les pressions économiques persistantes ». Cette double annonce agit comme un uppercut : la RAM, le stockage et les puces graphiques se rarefient, et la prochaine génération de consoles est repoussée à 2028-2029, selon les carnets de route internes que j'ai pu consulter.
Le Japon, berceau de l'imagerie professionnelle, devient soudain un désert de cartes rapides. Studios vidéo 8K, photographes sportifs, opérateurs de drones : tous doivent se tourner vers les stocks gris ou vers des fabricants chinois encore discrets. Le marché secondaire grimpe déjà : sur Yahoo! Auctions, une CEA-G960T atteint 75 000 yens, soit +135 % en une semaine.
Sony se garde bien de promettre une date exacte de retour. « Nous étudierons la situation de l'approvisionnement et informerons via la page produit » : la formule est glaciale, presque bureaucratique. En clair, la reprise dépendra de la capacité des fonderies à livrer des wafers NAND et des contrôleurs PCIe 4.0, un calendrier que même TSMC et Samsung ne garantissent pas avant mi-2025.
Effet domino : Canon, Nikon et Blackmagic risquent d'être contraints de réviser leurs roadmaps. Leurs appareils haut de gamme sont calibrés pour les CFexpress A de Sony, seules à offrir 800 Mo/s en continu dans un format si petit. Remplacer ces cartes par des modèles tiers revient à sacrifier la mémoire tampon ou la stabilité thermique. Le créneau technique de Sony devient son propre piège.
Et derrière la pénurie, pointe une ironie amère : la demande n'a jamais été aussi forte. Le tournage en RAW 8K explose sur les plateformes Netflix et Amazon, les data-centers réclament des cartes rapides pour l'infographie temps réel, les YouTubers en 4K/120 fps s'achètent des boîtiers Alpha 1 comme des pain au chocolat. Le marché crie « plus vite », Sony répond « plus rien ».
Voilà où en est la tech en 2024 : un géant du matériel professionnel contraint d'ériger un mur de silence devant ses propres produits. Mars 2026 reste une frontière hypothétique, mais pour des milliers de créateurs, l'horizon s'est déjà rétracté d'un an et demi. Pendant ce temps, les images continuent de défiler, et personne ne sait où les stocker.