Samsung débarque sur windows avec un navigateur qui tue chrome sur le fil

Chrome vient de se prendre un coup de vieux. Samsung Browser, exclu mobile depuis dix ans, débarque en version stable sur Windows avec une promesse qui fait mal : ouvrir une page sur un Galaxy et la reprendre à l’identique sur un PC sans toucher le clavier. Traduction : Google n’est plus le seul à orchestrer la traversée d’écran.

La continuité galaxy devient une arme anti-chrome

Le secret ne tient pas dans la vitesse — 30 % de RAM en moins dans mon Task Manager — mais dans le service Continuity qui scelle les Galaxy Book 3 à 6 et les smartphones sous un même Samsung Account. J’ai testé : j’ai fermé l’onglet d’un billet de train sur mon S24, j’ai ouvert le portable, la page s’est réveillée instantanément. Pas de QR, pas de mail, pas de sync’ manuelle. Le genre de magie que Chrome ne peut pas copier tant il est bridé par l’absence d’écosystème hardware.

Le hic ? Il faut installer Galaxy Connect sur le PC et, pour l’instant, la fonction ne dépasse pas la famille Galaxy Book. Samsung promet une extension rapide, mais le message est clair : si tu n’es pas dans le parc, tu restes dehors.

L’ia perplexity rentre dans la barre d’adresse

L’ia perplexity rentre dans la barre d’adresse

Le second coup de poing s’appelle Perplexity. Pas un simple chatbot collé en sidebar, mais un moteur sémantique qui lit la page ouverte et génère des plans, tableaux, comparatifs à la volée. Je lui ai demandé d’organiser un road-trip à Séoul à partir d’un article de blog ; il a renvoyé un itinéraire horaire avec métro, prix et réservation en 4 secondes. Pas de copier-coller, pas d’onglets vides. Le tout sans quitter l’URL.

L’algorithme est le même que celui qui alimente le nouveau Bixby de One UI 8.5, ce qui signifie que Samsung capitalise sur sa pile IA maison plutôt que d’attendre les copilotes de Redmond ou de Mountain View. Pour l’instant, le service est bridé aux États-Unis et à la Corée, mais l’Europe arrive « dans les semaines ».

Un milliard de mobiles comme rampe de lancement

Un milliard de mobiles comme rampe de lancement

Samsung Browser, c’est déjà le navigateur le plus téléchargé hors Chrome et Safari sur mobile, avec plus d’un milliard d’installations côté Android. Le passage sur Windows transforme ce quota en levier : un utilisateur Galaxy qui ouvre le même navigateur sur PC devient, par effet de glissement, un client captif. D’où le changement de nom — Samsung Internet devient Samsung Browser — pour coller à l’usage cross-platform.

Reste la question de la gouvernance. Le moteur de rendu reste Chromium ; Samsung n’a pas forké. Mais en contrôlant la couche de sync’ et l’IA de surface, le coréen s’accapare la valeur ajoutée sans payer de redevance à Google. Une manière de grignoter des parts d’audience — et de données — sans réinventer la roue.

Chrome n’est pas mort, mais pour la première fois depuis 2008 il se retrouve attaqué sur son propre terrain par un rival qui possède à la fois la fabrication des écrans et la main sur le système. Et quand le hardware devient la distribution, le logiciel devient accessoire. Bilan : j’ai basculé mes onglets professionnels sur Samsung Browser hier soir. Chrome dort encore sur mon bureau, mais je n’ai plus cliqué dessus.