Samsung augmente ses prix en corée : les modèles haut de gamme à la merci du won en déroute
Le 1er avril, Samsung va frapper un nouveau coup à la tire des acheteurs coréens : 100 000 wons de plus pour une version 512 Go, 200 000 wons pour le teraoctet. Soit 65 et 130 dollars US qui tombent comme une taxe de dernière minute sur le Galaxy Z Fold 7, le Z Flip 7 et le S25 Edge. Séoul, berceau du géant, devient le laboratoire d'une politique tarifaire que l'Occident n'aura pas à subir, du moins pour l'instant.
La mémoire ram flambe, le won s'effondre
Depuis l'automne, les contrats à terme sur la DDR5 grimpent de plus de 40 %. L'explosion de l'IA locale — de Bixby à la génération d'images — pompe la puce comme un gouffre. Samsung, premier fabricant mondial de DRAM, n'a pas d'autre choix que de répercuter la tension sur ses propres lignes. Le paradoxe : le conglomérat vend cher ce qu'il produit déjà à la pelle.
Derrière la hausse, il y a surtout la monnaie. Le won vient de toucher son plus bas niveau depuis 2009 face au dollar. Impossible d'importer des composants sans perdre une livrée de marge. En Corée, Samsung peut se le permettre : 60 % des ventes de pliables y transitent par les opérateurs locaux, captifs de la marque. Ailleurs, la concurrence chinoise guette, et le géant préfère garder l'étiquette inchangée.

Des appareils en fin de course avant l'été
Le timing est loin d'être anodin. Le Z Fold 8 et le Z Flip 8 doivent sortir dès juillet. Les lignes d'assemblage actuelles tournent déjà au ralenti. En clair : Samsung tire un dernier bénéfice de modèles qu'il sait être des produits de transition. Le S25 Edge, lui, n'a jamais atteint les volumes escomptés ; hausser sa marge sur les dernières palettes est une façon d'amortir l'échec commercial sans l'afficher.
Conséquence immédiate : les versions 256 Go restent à prix bloqué. Le consommateur coréen qui voulait du stockage futur-proof se voit contraint de passer à la caisse ou de revoir ses ambitions. Le message est clair : la marge se fait d'abord sur le haut de gamme, là où la douleur psychologique est la moindre.

Un précédent dangereux pour l'europe ?
Samsung a déjà revalorisé la série S26 à son lancement, sous le même prétexte de coût mémoire. Si la manoeuvre fonctionne en Corée sans fléchir les ventes, rien n'interdit de l'exporter vers l'Occident à la prochaine vague. Les cadences de production sont verrouillées : une fois que le prix 512 Go a augmenté, il ne redescend plus. Les premiers tests, menés sur un marché captif, servent de baromètre.
La leçon pour l'utilisateur : attendre une baisse est illusoire. Le marché DRAM reste en sous-capacité jusqu'à la mise en route des nouvelles fab d'Henan et de Pyeongtaek, fin 2025. D'ici là, chaque mise à jour logicielle gourmande en RAM justifiera une rallonge. Samsung ne fait que traduire la dure loi des cristaux en devis.
Demain, acheter un flagship huit étoiles à Séoul coûtera plus cher qu'un billet d'avion Paris-Seoul. Et la facture ne fait que commencer.
