Puig et estée lauder en passe de fusionner sous le regard de kevin warsh, futur patron de la fed
Barcelone et New York préparent le plus gros mariage jamais conclu dans la beauty-sphère : Puig et Estée Lauder discutent d’une fusion qui créerait un géant de 18,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le tout sous l’œil vigilant de Washington, où le nom de Kevin Warsh – l’homme que Donald Trump veut à la tête de la Réserve fédérale – s’invite dans le dossier. Sa femme, Jane Lauder, héritière du empire cosmétique, place la future star de la politique monétaire américaine au cœur d’un conflit d’intérêts potentiel.
Un lien conjugal qui fait trembler les régulateurs
Depuis 2002, Kevin Warsh partage la vie de Jane Lauder, petite-fille de la fondatrice d’Estée Lauder et fille de Ronald Lauder, 82 ans, président depuis vingt ans du Congrès juif mondial et donateur historique de Trump. Le même Ronald Lauder qui, en 2005, glissait le nom du gendre à George W. Bush pour un siège au sein du conseil des gouverneurs de la Fed. Le même qui, en 2025, réitère l’opération auprès d’un président revenu au pouvoir. Résultat : le futur « sherpa » de la politique monétaire américaine est aussi le gendre du premier actionnaire d’Estée Lauder, tandis que son entreprise en difficulté (1,04 milliard de pertes nettes l’an dernier) cherche justement à absorber Puig.
Washington n’a pas oublié que Warsh siège encore aux boards d’UPS et de Coupang. La procédure de confirmation au Sénat va l’obliger à déballer l’intégralité de ses participations et à trancher : sa carrière à la Fed ou ses liens avec un empire en pleine OPA. « On nous parle d’indépendance de la banque centrale, mais ici c’est la belle-famille qui orchestre la plus grande consolidation jamais vue dans la cosmétique », raille un ancien régulateur sous couvert d’anonymat.

Puig arrive en position de force à la table des négociations
Ironie de l’histoire, c’est le petit Espagnol qui détient les clés. Puig ferme 2025 avec 5,04 milliards d’euros de ventes, une marge d’EBITDA de 20,7 % et une dette à peine égale à 0,7 fois l’EBITDA. Estée Lauder, poids lourd théorique avec 13,2 milliards de chiffre d’affaires, traîne une dette nette de 4 milliards et des profits en berne. Le marché l’a compris : le titre Puig a bondi de 15 % à Madrid dès l’annonce des discussions, tandis que celui d’Estée Lauder peine à redécoller.
Les familles s’accorderaient sur une gouvernance bicephale : les Puig et les Lauder conserveraient des actions à droit de vote majoré, mais le siège social resterait à New York et la direction opérationnelle à Barcelone. « Ce n’est pas une fusion entre égaux, c’est un sauvetage déguisé, résume un banquier d’affaires espagnol. Estée Lauder récupère les marques stars de Puig – Carolina Herrera, Rabanne, Charlotte Tilbury – et Puig obtient un ticket mondial pour le skincare et le maquillage. »

Le deal qui redessine la carte des élites américaines
Au-delà des milliards, c’est toute une fraction du pouvoir américain qui se recompose. Ronald Lauder, qui a financé les campagnes de Trump depuis 2016, verrait son influence décuplée : gendre à la Fed, empire cosmétique élargi, réseau pro-Israël renforcé. Kevin Warsh, diplômé de Stanford, Harvard et MIT, ancien conseiller de Stanley Druckenmiller, incarne la fusion parfaite entre Silicon Valley, Wall Street et Washington. « Il ne s’agit plus seulement de lipstick et de parfums, c’est la capture réussie des leviers monétaires et culturels d’un pays », conclut un lobbyiste démocrate.
À Barcelone, on prépare déjà les signatures. À Washington, on guette la moindre déclaration de patrimoine. Et dans les bureaux de la CNMV espagnole, on calcule le montant exact des droits de vote A et B qui permettront aux familles de conserver la main. La fusion ne sera pas scellée avant l’été, mais le message est clair : quand la Fed, la mode et la politique s’embrassent, le parfum qui en ressort sent moins la rose que le pouvoir pur.