Pony.ai et uber lancent 10 marchés de taxis sans chauffeur en 2025

Pony.ai et Uber ont déclaré jeudi rouler dès cette année dans plus de dix villes avec des flottes 100 % autonomes. L'annonce tombe le même jour où la start-up chinoise affiche, pour la première fois de son histoire, un bénéfice trimestriel : 75,5 millions de dollars de gains nets sur les trois derniers mois de 2024.

Le bénéfice vient d'une puce, pas d'un taxi

Attrapez la nuance : la rentabilité ne sort pas des capteurs LiDAR ni des algorithmes de conduite. Pony.ai a engrangé 425 % de plus-value en cédant des titres de Moore Threads, un fabricant chinois de GPU qu'elle avait parié sur l'entrée en Bourse. L'opération fait gonfler le chiffre d'affaires annuel de 20 %, jusqu'à 90 millions, et réduit les pertes cumulées de 72 %, à 76,8 millions. Un tour de passe-passe comptable qui masque la dure réalité : les voyages autonomes, eux, restent déficitaires.

James Peng, le CEO, assume la stratégie. « Nous avons atteint l'équilibre opérationnel par véhicule à Guangzhou et Shenzhen », clame-t-il. Objectif affiché : exporter le modèle dans vingt villes avant fin 2025. La start-up promet 3 000 robotaxis supplémentaires, dont les premiers débarquent à Zagreb avec Uber et la Croat Verne. Zagreb deviendra la première capitale européenne à proposer une course sans chauffeur à tarif fixe. Tests en cours à Luxembourg, discussions à Londres, Dubaï et Riyad.

Waymo, weride et apollo go accélèrent la course

Waymo, weride et apollo go accélèrent la course

Le timing se veut offensif. Waymo, filiale d'Alphabet, triple la taille de son aire de jeu aux États-Unis et couvre désormais dix métropoles. WeRide et Apollo Go, soutenus par Baidu, signent avec Lyft et Uber au Moyen-Orient. Pony.ai ne peut plus se permettre de brûler du cash. D'où la double annonce : expansion géographique et rentabilité comptable, même si cette dernière tient davantage à une puce qu'à une route.

L'enjeu dépasse la simple course. Celui qui capte les données urbaines, les partenariats réglementaires et la confiance des passagers verra ses algorithmes apprendre plus vite, réduire les coûts kilométriques et verrouiller les marchés. D'ici là, la guerre des robotaxis se jouera rue par rue, capteur par capteur, subvention par subvention. Zagreb est le prochain champ de bataille ; derrière, Paris et Berlin guettent.