Openai prépare une super-app pour écraser la concurrence

OpenAI ne veut plus laisser ses utilisateurs jongler entre une demi-douzaine d’interfaces. La start-up, qui a déjà transformé le marché du travail avec ChatGPT, prépare une super-app qui regroupera ChatGPT, Codex et Atlas dans un même écosystème. Objectif : faire oublier Anthropic et s’imposer comme le hub incontournable de l’IA générative.

Le projet est piloté par fidji simo, ex-numéro 2 de facebook

Contrairement aux rumeurs qui évoquaient une simple refonte graphique, le Wall Street Journal révèle un plan beaucoup plus ambitieux. Fidji Simo, actuelle responsable des applications chez OpenAI, dirige une équipe de plusieurs dizaines d’ingénieurs. Leur mission : fusionner les trois piliers de l’offre actuelle — le chatbot conversationnel, la plateforme de développement et le navigateur intelligent — en une seule application de bureau. Une version mobile n’est pas prévue à court terme, confirmant que la cible prioritaire reste les entreprises payantes.

Le timing est calculé. Anthropic, le rival de poche de Sam Altman, séduit déjà les DSI avec Claude for Work, une suite intégrée qui permet de coder, résumer et générer du contenu sans quitter l’interface. Le succès de cette formule a déclenché un « code rouge » interne chez OpenAI, selon trois employés interrogés sous couvert d’anonymat. « Nous avions dispersé nos forces, avoue Simo dans un mémo interne. Chaque nouvelle fonctionnalité devenait un produit séparé. Résultat : retard qualité et frustration des clients. »

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Le concept de super-app n’est pas nouveau, mais il reste étranger à la majorité des utilisateurs occidentaux. En Chine, WeChat permet de payer son loyer, réserver un médecin, commander un taxi et discuter avec sa famille sans jamais quitter l’application. Elon Musk en rêve pour X ; OpenAI veut le réaliser plus vite. L’enjeu : capter la totalité du workflow professionnel, de la rédaction d’un brief marketing jusqu’au déploiement du code en production, en passant par la veille concurrentielle automatisée.

La menace est double. D’un côté, Google et Microsoft multiplient les copilotes dans leurs suites bureautiques. De l’autre, des start-up comme Perplexity ou Cursor grignotent des parts de marché en proposant des expériences ultra-spécialisées. OpenAI joue donc le tout pour le tout : une interface unique, des agents capables d’exécuter des tâches en arrière-plan, et un modèle de paiement unique qui facture à la tâche accomplie plutôt qu’au token consommé.

Le calendrier est agressif. Les premiers bêta-testers commerciaux sont attendus d’ici l’automne. L’objectif interne : 100 000 équipes connectées avant fin 2025, soit trois fois plus qu’Anthropic revendique aujourd’hui. Le pari est risqué : plus personne n’a oublié le loupé de Meta avec sa plateforme Workplace. Mais à San Francisco, on parie que l’urgence climatique, la pénurie de développeurs et la course à la productivité rendront la super-app OpenAI aussi indispensable qu’Excel. Dans les open-spaces, la règle est simple : celui qui fournit l’outil, possède les données. Et celui qui possède les données, dictera les standards de demain.