Openai enterre son chatgpt x : l’ia érotique devient tabou dans la silicon valley
OpenAI a tiré un trait sur son chatbot érotique. Pas une simple suspension : un enterrement sans date de retour, révèle le Financial Times. Le projet, qui devait offrir des conversations sexuelles explicites dans ChatGPT, a été mis au placard avant même sa sortie. Le motif ? Un cocktail de pressions régulatoires, de crainte de se brûler la réputation et de l’impossibilité technique de verrouiller l’accès aux mineurs.
Derrière la déclaration officielle, le message est clair : à Palo Alto, on n’a plus envie de jouer les pionniers sur un terrain aussi miné. Depuis six mois, l’équipe produit testait un « mode adulte » activable sur demande, avec vérification d’âge et promesse de dialogues « consentants ». Objectif : capter la manne des applications de compagnie virtuelle, déjà exploitée par des start-up moins regardantes sur l’éthique. Le potentiel ? Des centaines de millions d’abonnés prêts à payer pour une IA qui ne juge pas leurs fantasmes. Le risque ? Devenir la cible favorite des procureurs et des parents associations.
Le fantasme laisse place au froid calcul des juristes
Les ingénieurs avaient pourtant bossé dur. Ils ont entraîné des modèles à maîtriser le registre « spicy » sans tomber dans la pornographie violente ou les propos pédophiles. Résultat : un filtre qui bloquait 97 % des requêtes interdites. Beau score, sauf que le 3 % restant suffit à faire sauter la sérénité des conseils d’administration. « Un seul screen d’un kid de 14 ans qui contourne le système et c’est la une du Wall Street Journal », résume un ex-salarié sous couvert d’anonymat.
Le climat politique a achevé le rêve. L’Union européenne finalise son AI Act, la FTC américaine multiplie les audits, et la Chine vient d’interdire toute IA générant du contenu sexuel non labellisé. OpenAI, qui brigue des contrats publics dans une douzaine de pays, ne peut pas se permettre un scandale. Le choix fut rapide : on coupe le robinet, on redirige les effectifs sur Sora, le modèle de vidéo, et on laisse la concurrence se démerder avec le marché gris.
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Les petits acteurs du sextech ai fêtent leur sursis
Conséquence immédiate : les start-up spécialisées dans la compagnie virtuelle — Replika, Character.AI, Nastia — respirent. Elles savent qu’OpenAI aurait pu écraser le segment en quelques semaines avec sa notoriété et son cloud. « On a six à douze mois pour consolider notre base avant qu’un autre géant ne revienne à la charge », glisse le CEO d’une scale-up barcelonaise qui facture 40 dollars par mois pour des selfies coquins générés par stable diffusion.
Côté investisseurs, la levée de fonds « Series A » pour les IA érotiques vient de doubler en volume depuis janvier. Les VC appellent ça le « trou de souris » : un créneau que les mastodontes fuient, donc sans risque d’être écrasé par une update surprise. Paradoxe : plus OpenAI se dérobe, plus le capital risque s’engouffre dans les versions alternatives, moins regardantes sur la modération.
Reste la question qui taraude les labos de recherche : si le plus puissant modèle de langue du monde renonce à contrôler l’érotisme, qui d’autre peut le faire sans déraper ? La réponse, pour l’instant : personne. Les universitaires espagnols qui viennent de publier une étée dans Nature Human Behaviour assurent que l’IA n’a « aucune créativité intrinsèque », seulement une capacité à remixer ce qu’elle a ingéré. Traduction : elle ne comprend pas le désir, elle le simule. Et c’est bien là le cœur du problème : on demande à une machine sans conscience d’orchestrer les fantasmes humains les plus intimes.
Silence radio du côté de Sam Altman. Aucun tweet, aucune note de blog. Juste une phrase lâchée en interne : « On ne veut pas devenir le Pornhub du texte. » Le message est envoyé au reste de la tech : l’innovation a des frontières, et elles se dessinent au bord du sexe. Les actionnaires d’OpenAI ont tranché : mieux vaut perdre un milliard de revenu potentiel que de se retrouver au banc des accusés dans un procès pour « mise en danger de la personne d’autrui ».
Fin de partie donc. Les utilisateurs en quête de compagnie virtuelle continueront de migrer vers des applis hors radar, hébergées en Roumanie ou à Panama. OpenAI garde la tête haute, mais la marque laisse derrière elle un territoire fertile à ses rivaux. Prochain épisode : quand Google ou Meta décidera-t-il de tenter l’expérience ? La réponse dépendra du premier procureur qui réussira à faire condamner une IA pour « corruption de mineur ». D’ici là, le silence de ChatGPT sur le sexe résonne comme un aveu : la Silicon Valley a peur de son propre pouvoir.
