Nasdaq 100 plonge en correction : la guerre en iran plombe la tech et déclenche cinq semaines noires

Le Nasdaq 100 a franchi la ligne rouge : – 11 % depuis son sommet d’octobre, 23 132 points au compteur, son plus bas niveau depuis juillet. Cinq semaines de saignée, une série que l’on n’avait plus vue depuis le marasme de 2022. En cause, la guerre en Iran qui fait flamber le Brent à 110 $ et plonge les traders dans la panique.

La « croix de la mort » pointe à l’horizon

Sur les écrans de la salle des marchés, la fameuse death cross – croisement de la moyenne mobile 50 jours sous celle de 200 jours – se profile. Aaron Hill, analyste senior chez FP Markets, prévient : « Chaque fois que ce signal s’est allumé, la dégringolade a continué. » Le Nasdaq n’a plus connu dix semaines aussi noires sur onze depuis la crise des dot-com. Les puces mémoire, stars de la première partie d’année, sont devenues des poids morts : Micron, Western Digital, Kioxia effacent jusqu’à 35 % en trois séances.

Le Dow Jones, lui aussi, a perdu 10 % depuis son pic de janvier ; le S&P 500 flirte avec la correction à – 8 %. Le vendredi, 800 points ont fondu sur le Dow en clôture : 45 167,44 points. Le S&P termine à 6 368,85, – 1,67 %. Les carnets d’ordres s’épaississent, les acheteurs se font rares.

Pétrole, détroit d’ormuz et fermeture des robinets

Pétrole, détroit d’ormuz et fermeture des robinets

Téhéran a pris le contrôle virtuel du détroit : pétroliers chinois refoulés, assurance maritime multipliée par dix, tonnage disponible en chute libre. Donald Trump a repoussé de dix jours ses frappes sur les raffineries iraniennes, mais le marché n’y croit plus. « Tant que le brut reste au-dessus de 100 $, la Fed ne baissera pas ses taux et la tech restera au pilori », résume Paul Hickey, co-fondateur de Bespoke Investment Group.

Les gestionnaires de fonds tech liquident leurs positions les plus liquides pour financer les marges. Résultat : Apple cède 2,4 %, Nvidia 3,1 %, Meta 2,9 % en une séance. Les flux hebdomadaires sortants des ETF sectoriels atteignent 4,2 milliards de dollars, record depuis octobre 2022.

Joe Mazzola, responsable des dérivés chez Charles Schwab, résume l’humeur : « Les investisseurs ferment leurs ordinateurs et vont dormir en cash. Le week-end arrive avec des bombes au lieu de barbecues. »

La prochaine clé : les prix du pétrole. S’ils ne lâchent pas prise, la tech restera en toboggan. Car, comme le murmure un trader parisien en fermant ses positions, « on ne rachète pas un Nasdaq qui sent le kérosène ».