Myriad décolle : l’europe se donne des yeux d’ia pour espionner le monde depuis l’espace
48 mois, 5 millions d’euros, neuf partenaires, un seul objectif : transformer les satellites en espions autonomes capables de détecter un tank sous la neige ou un convoi sous camouflage. Le projet Myriad, baptisé officiellement ce lundi à Madrid, place l’intelligence artificielle au cœur du renseignement spatial européen et signe la fin du monopole américain sur l’analyse d’images de défense.
Gmv impose sa loi au ciel
La firme espagnole GMV, déjà fournisseur officieux de l’OTAN, pilote le consortium. Son rôle : orchestrer les flux de données optiques et radar, calibrer les capteurs, valider les algorithmes et, surtout, livrer une chaîne de traitement en temps réel que les armées pourront brancher directement sur le réseau SatCen, le « Pentagone européen » basé à Torrejón. Begoña Rojo, directrice adjointe, ne mâche pas ses mots : « Aujourd’hui, seulement 21 % des ingénieurs défense sont des femmes. Myriad va changer ce chiffre, pas le commenter. »
Chaque cycle annuel ressemble à un stress-test militaire : scénarios de guerre électronique, nuages artificiels, brouilleurs GPS, tout est lancé pour faire chuter le taux de faux positifs sous 3 %. Les ministères de la Défense de France, d’Italie, de Pologne et de Suède fournissent leurs propres images classifiées ; elles alimentent un réservoir d’apprentissage de 250 To, stocké sur des serveurs air-gapped à Munich.

Une souveraineté technologique en kit
Jusqu’ici, Bruxelles achetait ses analyses à trois géants californiens. Myriad casse la dépendance : les modèles sont entraînés à Toulouse, les puces conçues à Grenoble, les antennes à Liège. Résultat, une chaîne 100 % européenne, certifiée GDPR et OTAN STANAG 4676. Le premier démonstrateur, livré en juin 2025, promet un temps d’alerte divisé par cinq quand un T-90 franchira la frontière estonienne.
Lo que nadie cuenta es el prix caché : chaque pixel est tatoué d’un watermark blockchainé. Objectif : prouver devant le Tribunal pénal international que l’image n’a pas été trafiquée. Car demain, une photo satellite pourra envoyer un général au banc des accusés.
Myrid ne veut pas seulement voir, il veut convaincre. Et à ce petit jeu, l’Europe vient de passer la vitesse supérieure.
