Musk achète encore des tonnes de puces nvidia tout en préparant son propre cerveau silicium
Elon Musk vient de lâcher une bombe sur X : Tesla et SpaceX continueront de vider les stocks de GPU Nvidia pendant que le constructeur dessine son propre processeur IA, l’AI5, censé propulser le robot humanoïde Optimus et la flotte de robotaxis. Traduction : il paye Jensen Huang tout en s’apprêtant à lui voler la vedette.
L’ai5, une puce taillée pour optimus
Le AI5 n’est pas une vague copie de la H100. Musk précise qu’elle est « très supérieure à son poids », un terme de lutteur qui rappelle que la bataille se joue sur l’efficacité énergétique avant la brute force. Objectif : loger le réseau neuronal qui fera danser Optimus dans une usine ou conduire un taxi sans chauffeur, tout en consommant moins que la chauffe d’une Model 3. Le calendrier ? Silence. Mais le message est clair : d’ici deux ans, la voiture électrique devra digérer ses propres neurones plutôt que ceux de Santa Clara.
Pourtant, Musk n’a pas renoncé à la drogue Nvidia. Il s’en prend plein la figure sur X depuis trois jours : « Grand admirateur de Jensen », répète-t-il, comme un boxeur qui complimente l’adversaire tout en chargeant son crochet du gauche. Le carnet de commandes de Tesla et SpaceX en atteste : des centaines de milliers de puces H100 et B200 vont encore atterrir dans les serveurs du Texas et du Cap Canaveral. Le calcul est limpide : absorber la capacité mondiale pour que les concurrents n’en aient plus, tout en préparant le jour où la maison pourra vivre sans dealer.

Terafab, l’usine de 25 milliards qui veut produire 200 milliards de puces
Le 21 mars, Musk dévoilera Terafab, la gigafabrique de puces dédiée à l’IA que Tesla construira pour… Tesla. Budget : 25 milliards de dollars. Volume : entre 100 et 200 milliards de puces par an. Soit, à la louche, dix fois la production annuelle actuelle de DRAM du géant Samsung. L’annonce avait déjà fuité lors de la présentation des résultats de janvier, mais la date butoir transforme le projet en compte à rebours public. Si le calendrier tient, Tesla deviendra le premier constructeur automobile à maîtriser la totalité de la pile silicium, du minerai au cerveau du taxi.
Le pari est immense. Le secteur des fonderies est un jeu de trois géants — TSMC, Samsung, Intel — qui n’accueillent pas un nouveau venu sans exiger des années et des dizaines de milliards. Tesla a le cash, mais pas l’expérience. D’où la double stratégie : signer des contrats mirobolants avec Nvidia pour tenir le choc immédiat, tout en creusant sa propre mine de silicium pour 2028. Le risque ? Se retrouver avec deux piles de puces incompatibles et une facture énergétique qui grignote la marge déjà étroite de la Model 2.
Derrière la fanfare, une donnée chiffre la guerre : chaque robot Optimus devra intégrer trois AI5 pour atteindre le niveau de dextérité promis. Multiplié par 10 millions d’unités — l’objectif de Musk d’ici 2035 — cela représente 30 millions de puces rien que pour les robots. Ajoutez les 5 millions de robotaxis et vous atteignez un marché interne de 45 millions de processeurs par an. Tesla se crée ainsi son propre marché, son propre silicium, sa propre règle du jeu.
Les actionnaires applaudit, les concurrents frémissent. Nvidia encaisse l’argent aujourd’hui, mais sait que chaque puce vendue à Musk nourrit le futur rival. Jensen Huang le dit en privé : « Leur architecture est audacieuse, si elle marche nous deviendrons un simple fournisseur d’appoint. » La phrase circule en boucle dans les labos de Santa Clara. Elle résume la tension : un empire construit sur la dépendance d’aujourd’hui prépare la rupture de demain.
Et pendant que les analystes s’étourdissent de pourcentages, une ligne de code dans le firmware d’Optimus vient de passer le test de reconnaissance d’objets en 0,8 milliseconde. Soit deux fois plus vite qu’un humain. La puce n’est pas encore gravée. Le temps, déjà, s’est rétracté. Dans l’usine d’Austin, on chuchote que le premier lot d’AI5 sortira des fonderies avant que la B200 de Nvidia n’atteigne le marché de masse. Une course où chaque nanoseconde compte double.
Musk achète, Musk vend, Musk invente. Pendant que ses détracteurs rient encore de ses promesses, la chaîne logistique mondiale des semiconducteurs vient de subir un séisme de 6,5 sur l’échelle de Richter. Le prochain apéritif à Davos se tiendra sans Jensen ni Elon : ils seront trop occupés à compter leurs puces. La guerre du silicium entre les deux hommes n’a pas commencé : elle a changé de phase. Et cette fois, le monde entier regardera le compteur de production plutôt que le prix de l’action.
