Microsoft retire copilot de windows 11 : l’ia trop partout devient un handicap
Microsoft a cédé. Après des mois de critiques, l’éditeur démonte lui-même son Copilot intégré à Windows 11. Photos, Bloc-notes, Recadrage, Widgets : toutes ces applications perdront leurs fonctions d’IA générative au nom d’un principe simple, martelé par Pavan Davuluri, vice-président Windows : « moins d’endroits, mais plus d’utilité ».
L’offensive de la tablette de chocolat
La firme de Redmond avait installé son assistant dans chaque recoin de l’interface, transformant le bureau en distributeur de suggestions automatiques. Résultat : des utilisateurs ont désactivé Copilot en masse, des RSS tech ont moqué ces « boutons magiques » qui plantaient au milieu d’un simple copier-coller. Le message est clair : l’intelligence artificielle ne s’impose pas, elle se mérite.
Microsoft a donc passé neuf mois à écouter forums, réseaux sociaux, tickets support. Davuluri raconte des sessions de lecture « où chaque plainte valait son pesant de métadata ». La direction a mesuré le rejet : 38 % des testeurs jugeaient l’IA « intrusive » et 27 % craignaient une « surconsommation de données ». Chiffres internes que l’entreprise n’avait jamais diffusés jusqu’ici.
Concrètement, les mises à jour de cet été retirent le volet Copilot de Bloc-notes, la génération de texte dans Photos, et la suggestion de recadrage « intelligente ». Seuls subsisteront des raccourcis volontaires : l’utilisateur ouvre l’assistant, il ne le subit plus. Une révolution chez Microsoft, historiquement accro au « tout intégré ».

Quand la barre des tâches devient nomade
Autre symbole du changement : la barre des tâches se détache enfin. Glisser-la à gauche, à droite, en haut, au centre : un retour à la flexibilité de Windows XP que des millions de fans réclamaient. Cette option, reléguée pendant dix-huit ans dans les oubliettes, réapparaît comme un cadeau de remerciement aux « power users » qui n’ont jamais pardonné l’alignement forcé de Windows 11.
Le calendrier est impitoyable : fin juin, premiers builds pour les Insiders ; septembre, déploiement mondial. Entre-temps, les équipes doivent réécrire des couches de code jugées « impossibles à défaire » il y a encore un an. « On a dû réapprendre à compter sur l’utilisateur final, pas sur notre roadmap marketing », sourit un ingénieur sous condition d’anonymat.
Derrière la retraite stratégique, Microsoft prépare une contre-attaque. Davuluri évoque un Copilot 2 « opt-in » par domaine : développement, création, jeu. Chaque secteur disposera d’un module séparé, payant ou inclus selon les abonnements. Le tout piloté par une API ouverte, histoire de rassurer les régulateurs européens qui guettent le moindre abus de position dominante.
Le pari est risqué. Le retrait apparent affaiblit l’image d’un Windows 11 déjà accusé de « copier macOS ». Mais le gain potentiel est immense : restaurer la confiance, freiner la défection vers ChromeOS et les distributions Linux qui surfent sur la méfiance envers Big Tech. Le cours de bourse, lui, valide : +1,4 % le jour de l’annonce, preuve que les investisseurs aiment quand une entreprise admet ses erreurs avant que la justice ne le fasse à sa place.
Il ne reste plus qu’à voir si les utilisateurs, une fois rassurés, réclameront à nouveau de l’intelligence artificielle. En attendant, Microsoft gagne une leçon rare dans l’histoire de la Silicon Valley : innovez, mais pas dans les chaussures de vos clients.
