Microsoft freine sa course : windows 11 se fait discret pour regagner nos cœurs
Fini les pop-up qui surgissent quand on allume son PC, fini Edge qui hurle sa supériorité à chaque clic. Microsoft vient de reconnaître en off que Windows 11 a tourné au cauchemar commercial et promet un système « plus calme » d’ici l’automne.
Scott hanselman sort la blouse et les excuses
Le 25 avril, sur Twitter, le directeur technique de la plateforme déclarait : « Nous voulons un Windows qui respire, sans recommandations intempestives. » Une phrase lâchée comme un ballon d’oxygène alors que les forums regorgent de tutos pour désactimer à la main les 17 interrupteurs publicitaires cachés dans le menu Démarrer. Le problème n’est plus technique, il est relationnel : l’utiliste moyen en a marre d’être pris pour un portefeuille ambulant.
La dernière build 26200, distribuée aux Insiders la semaine passée, inaugure le moteur « Recommendations Off » en une case unique. Résultat : le menu Démarrer s’ouvre 38 % plus vite, Copilot disparaît de la barre des tâches par défaut et les mises à jour peuvent être mises en pause… jusqu’à 5 ans. Chiffre officiel, pas une astuce de registry.

Microsoft cède à la fatigue générale
Depuis octobre, les parts de marché de Windows 11 stagnent à 28 %, quand Windows 10 continue de dominer à 68 %. Les entreprises freinent des quatre fers : chaque nouvelle machine se voit immédiatement downgradée, faute de « tranquillité » opérationnelle. L’éditeur a calculé le coût : 1,2 milliard de dollars de revenus publicitaires potentiels seraient menacés si le nouveau plan « Zero interruption » est pleinement déployé. Le choix est fait : préserver l’écosystème plutôt que gratter quelques bannières.
Reste la question des développeurs. Si Microsoft retire ses crochets promotionnels, il supprime aussi les petites poches de monétisation offertes aux éditeurs d’apps. Le message interne, glissé dans une FAQ technique : « Trouvez d’autres leviers, la confiance prime. » Traduction : débrouillez-vous, on sauve la marque.
Voilà donc Windows 11 en train de rétropédaler à pleins gaz, laissant sur le bas-côté une décennie de frénésie publicitaire. Objectif affiché : 60 % d’adoption d’ici deux ans. Pour y parvenir, Microsoft n’a plus le droit à l’erreur : un seul pop-up de trop et l’utilisateur repartira vers Linux ou, pire, restera sur Windows 10 jusqu’à la fin des temps. Le silence, désormais, est aussi une fonctionnalité.
