Microsoft freine la pub et l’ia dans windows 11 pour regagner ses utilisateurs
Windows 11 va ranger
sa sonnette promo. Microsoft a déclenché un recadrage interne inédit : moins d’intelligence artificielle intrusive, moins de pop-up qui poussent à payer, et un système qui se veut « plus calme ». Une promesse que Scott Hanselman, vice-président de l’ingénierie, a officialisée sur X la semaine dernière : « Un OS plus détendu avec moins d’upsells est l’objectif. »Des upsells partout : edge, onedrive, xbox… jusqu’au menu démarrer
Depuis 2021, Windows 11 ressemble à un centre commercial ambulant. Lancez Edge : une bannière clame Bing. Ouvrez le menu Démarrer : des applis que vous n’avez jamais installées s’y glissent, payantes. Même le dossier Images hurle « activez OneDrive ». Pour les développeurs, c’est du « adware intégré », raconte un ingénieur proche du dossier sous couvert d’anonymat. Mikhail Parakhin, ex-patron de la division Windows, a admis en janvier que « Windows 11 n’a jamais été terminé ». Traduction : on a sacrifié la cohérence au chiffre.
Le changement de ligne arrive quand la base commence à râler. Les retours des Insiders – ces testeurs bêta – sont devenus acides : 78 % des tickets ouverts en décembre 2023 réclamaient une « expérience sans pub », selon des données que Tech Insights a pu consulter. Résultat : les équipes produit ont reçu l’ordre de « tuer 30 % des upsells d’ici la build 24H2 », prévue cet automne. La consigne vient de Satya Nadella lui-même, raconte un programmeur : « On a eu un mail lapidaire : “User trust first, revenue second.” »

Copilot en sourdine et compte microsoft plus optionnel
L’IA Copilot, jusqu’ici greffée à chaque angle de l’interface, va passer au second plan. Plus question qu’elle surgisse quand on cherche simplement à éteindre le Wi-Fi. Une version « light » est en test ; elle ne se déclenche que sur touche dédiée. Autre révolution : l’installation sans compte Microsoft reviendra pour tout le monde, pas seulement en Europe où le régulateur l’impose. Le but est de calmer les accusations d’enfer cloud.
Sous le capot, Microsoft promet aussi un régime. Les fuites de build 26200 montrent un service « Core Parking » retravaillé : le kernel allègera la charge CPU dès qu’un processus tourne en arrière-plan, ce qui devrait faire respirer les PC à 4 Go de RAM. Un benchmark interne indique –17 % d’utilisation mémoire au repos. « On va rendre Windows 11 aussi agressif qu’un Chromebook sur la gestion énergétique », se vante un ingénieur performance.
Reste la date. Aucun calendrier officiel, mais trois sources concordantes : la première salve, purge des pubs dans Edge, est prévue pour septembre. Le menu Démarrer « cleaner » suivra en octobre, et l’installation sans compte Microsoft sera généralisée à l’hiver. Une cadence séquentielle pour éviter le chaos des mises à jour de 2022.
Microsoft sait que le mal est profond. Le pari est simple : rendre Windows 11 aussi discret qu’un MacBook – du moins dans l’expérience – pour regagner les 300 millions d’utilisateurs actifs qui ont cliqué « retarder la mise à jour » l’an passé. L’enjeu : 8 milliards de dollars de revenus services et publicitaires liés à Windows. Ils vont devoir se passer d’une partie de la manne. « On préfère perdre 5 % de ARPU que 20 % de parts de marché », résume un directeur produit. Le choix est fait : Windows doit redevenir un outil, pas une vitrine. Le reste, c’est une question de confiance. Et la confiance, contrairement à un upsell, ne s’achète pas.
