Microsoft étrangle le turbo nvme de windows 11 et déchaîne les bidouilleurs

Microsoft vient de verrouiller le petit coup de filtre registre qui transformait un Windows 11 familial en fusée NVMe. Résultat : jusqu'à 85 % de performances en moins pour ceux qui avaient goûté au pilote natif nvmedisk.sys dérobé à Windows Server 2025.

Depuis février, la mise à jour KB5053598 ignore purement et simplement la clé EnableNVMeNative. Windows repasse en mode « traduction SCSI », l'ancienne couche conçue pour les disques mécaniques. Le processeur retrouve 45 % d'utilisation en plus, les temps d'accès explosent, et les studios vidéo ou les gamers endurcis crient au scandale.

Le truc qui faisait sauter le verrou

Il suffisait pourtant de lancer regedit, créer une valeur DWORD à 1 et redémarrer. Sur les bancs CrystalDiskMark, les SSD PCIe 4.0 passaient de 7 000 à 13 000 Mo/s en lecture séquentielle. Les latencies chutaient à 8 µs. Le tout sans driver tiers, juste une ligne de code récupérée sur un forum Serveur 2025.

Microsoft n'a jamais officialisé la manoeuvre, mais n'a pas non plus fermé la porte jusqu'à ce mois. Pourquoi ce retournement ? Aucun communiqué. Juste un pied de page dans les notes de version : « blocked legacy registry override for storage compatibility ». Comprendre : on vous remet la sécurité avant la vitesse.

Vivetool, la réplique des underground

Vivetool, la réplique des underground

La contre-attaque s'organise sur GitHub. L'outil ViVeTool force l'activation du pilote natif via l'ID de fonctionnalité 4234857. Il faut lancer la console en admin, taper deux lignes, rebooter. Taux de réussite : 90 % sur les builds 22621. L'effet est immédiat : le CPU redescend, les ventilateurs se taisent, Premiere Pro exporte deux fois plus vite.

Le hic : BitLocker crie au meurtre, certains contrôleurs RAID deviennent invisibles, et Windows Update peut réinitialiser le bazar sans prévenir. Les warnings pullulent sur Reddit : perte de partitions, écran bleu au réveil. Microsoft brandit l'argument sécurité, mais le fond du dossier est ailleurs.

Le groupe veut aligner toute la base de code sur une pile SCSI unique, plus simple à maintenir et à certifier pour les OEM. Le pilote NVMe « pur » ne sortira donc pas avant la version 24H2. ou jamais en dehors de l'édition Serveur. Les ventes de licences Datacenter, elles, grimpent de 18 % trimestriel. Coïncidence ?

En coulisses, des ingénieurs assurent qu'un « Sun Valley 3 » plus léger est déjà en test. Objectif : 30 % de consommation RAM en moins, démarrage en 6 secondes sur SSD. Le problème : la feature est verrouillée derrière un abonnement Microsoft 365. On paiera la vélocité au forfait.

Sur les forums allemands, des admins commencent à migrer leurs stations vers Windows Server 2025 Desktop. Licence double prix, mais gain de 40 % sur les rendus Blender. Le mur se fissure. D'autres envisagent Linux avec io_uring : mêmes performances, zero crack du registre.

Microsoft a donc choisi : sécurité monolithique et segmentation produit avant l'adrénaline brute. Le marché répondra. D'ici là, les plus rapides continueront à bricoler, sauf à sauter le pas du serveur ou du penguin. La guerre du NVMe ne fait que commencer, et cette fois, Redmond a pris ses distances avec la piste de décollage.