Meta perd 280 milliards en un mois : l’ia fait fuir les investisseurs
Le rêve s’est grippé. Après avoir flambé de 8 % en janvier, Meta dévisse de 32 % depuis son sommet historique : 280 milliards de dollars de capitalisation évaporés en mars seul. Le verdict d’un jury du Nouveau-Mexique — Meta a trompé les adolescents sur la sécurité de ses réseaux — vient de faire sauter le dernier verrou de confiance. Résultat : pire mois depuis octobre 2022, pire semaine depuis la débâcle du métavers.
Wall street redoute l’effet « big tobacco »
Les procès s’accumulent. Californie, Texas, Ohio : plus d’une dizaine d’États préparent leur offensive. L’argument ? Des plateformes conçues pour créer la dépendance, un business model qui tire sa marge du temps d’écran des mineurs. Tim Ghriskey, ancien analyste tabac chez Ingalls & Snyder, résume la tension : « Certains veulent purement et simplement fermer les réseaux. Evidemment, cela détruirait la société. »
La comparaison avec Philip Morris n’est plus un fantasme de salle des marchés. Paul Gallant, analyste chez TD Cowen, évoque désormais « des risques existentiels » et des « accords financiers à venir » si la Cour suprême refuse d’intervenir. Traduction : des milliards de provisions possibles, des redesigns forcés de Instagram et Facebook, et une nouvelle taxe réglementaire sur chaque clic adolescent.

Le fléau de l’ia : 123 milliards de capex pour un cash-flow en chute libre
Pendant ce temps, Mark Zuckerberg presse l’accélérateur sur l’intelligence artificielle. Le problème : le free cash-flow de Meta est attendu à 8 milliards en 2025 contre 46 milliards l’an dernier. Chute vertigineuse de 83 %. Pendant ce temps, le budget d’investissement grimpe de 77 % pour atteindre 123,5 milliards cette année, puis 140 milliards en 2027. On licencie par centaines, on construit des datacenters géants, et l’action perd son parrainage.
La dissonance est saisissante : les revenus, eux, croissent encore de 25 %. Mais les marchés ne jugent plus l’entreprise sur ses ventes ; ils comptent les dollars brûlés par GPU. Résultat : Meta devient la « moins chère » des Magnificent Seven, à 16 fois ses bénéfices estimés, niveau le plus bas depuis mars 2023. Une aubaine ? Peut-être. Les 72 analystes sur 80 qui maintiennent un « buy » y croient dur comme fer. Leur scénario : la monétisation de l’IA générative compensera les procès et les amendes. Le marché, lui, n’achète pas le scénario.
La prochaine ligne de défense : la Cour suprême. Si elle statue en faveur de Meta, le risque « tabac » retombera. Sinon, les États-Unis pourraient imposer des avertissements sanitaires sur chaque fil d’actualité. Et la valorisation « discount » de 16x ne sera plus une affaire, mais une trappe. Pour l’instant, l’action rebondit 2 % lundi midi. Un reflexe technique, pas un retour de confiance. Le vrai signal ? Le cash-flow. Tant qu’il saigne, la chasse à 200 milliards de capitalisation n’est pas terminée.
