Madrid rapatrie ses troupes d'irak sous la menée d'une offensive us-israël contre téhéran
Madrid a déclenché lundi l'évacuation de ses 300 soldats stationnés en Irak. Le ministère de la Défense annonce une opération « dans les prochains jours », sans calendrier précis, après la mort d'un militaire français et l'attaque de la base d'Erbil par l'Iran.
La décision tombe alors que Washington et Tel-Aviv ont ouvert une nouvelle phase offensive contre la République islamique le 28 février. Depuis, les drones et les roquettes s'accumulent sur le territoire irakien. Le ministre Margarita Robles a tranché : le contingent espagnol va plier bagage.
Le groupe d'opérations spéciales déjà retiré
Les 71 commandos du SOTG XXIII, déployés depuis 2014 dans le cadre de la coalition anti-EI, ont été les premiers à quitter leurs positions. Leurs entraînements de forces irakiennes sont suspendus. Le motif officiel : « dégradation sécuritaire » et « impossibilité de poursuivre la mission ». En clair, la zone devient ingouvernable.
Le reste du dispositif – 170 instructeurs de la Mission de l'OTAN en Irak (NMI) – va suivre. Madrid est le plus gros contributeur de cette mission. Il devait prendre le commandement le 26 mai, quand le général Ramón Armada devait remplacer le Français Christophe Hintzy. Cette passation est désormais compromise.

L'iran frappe, l'otan recule
Le 13 mars, un avion-citerne américain s'écrasait à proximité, tuant six militaires. Le 8 mars, Erbil, où est basé le contingent italien, subissait un bombardement de missiles. Avec l'annonce de nouveaux raids américains contre les milices pro-iraniennes, l'Irak redevient le théâtre d'une guerre par procuration où les alliés européens servent de cibles.
Allison Hart, porte-parole de l'Alliance, confirme : « Nous ajustons notre posture ». Traduction : on se replie avant que le sang ne coule davantage. Pour Madrid, l'enjeu est double : éviter un nouveau souvenir de l'attaque de 2003 à Najaf – où 17 espagnols avaient péri – et préserver sa crédibilité auprès d'une opinion publique qui ne digère pas l'idée d'un nouveau Moyen-Orient sans fin.
Le retrait espagnol sonne comme un aveu : la coalition anti-EI a échoué à stabiliser l'Irak. Les drones iraniens ont eu raison des promesses de reconstruction. Et la prochaine page du conflit, c'est Téhéran qui l'écrit, pas Bruxelles.
