Madrid dégaine un bouclier fiscal contre la facture pétrole iranienne
Le Conseil des ministres espagnol valide ce vendredi un plan d’urgence pour éviter que le 55 litres d’un réservoir ne deviennent un luxe : essence +16 %, gazole +29 % en trois semaines. Le litre flambe à 1,71 € et 1,84 €, et personne ne parle encore de plafond.
Repsol pré-empte l’état et ouvre la pompe à rabais
La compagnie dégaine Waylet : 40 centimes de remise immédite dans ses 3 300 stations du 21 mars au 6 avril. Transporteurs et indépendants cumuleront même 45 centimes avec la carte Solred. Le message est limpide : « On ne attend pas Madrid. »
Derrière la manœuvre, une équation de rentabilité ajustée au millième : chaque centime lâché à la pompe est un client captif à la boutique, un litre de vente de snacks multiplié par 1,8 et une data de consommation revendue en B2B. Le marketing se fait sur le dos du Brent.

110 Dollars le baril : le déclencheur qui fait trembler les budgets
Depuis que Téhéran a verrouillé Ormuz, 20 % du pétrole mondial joue les funambules sur un détroit de 21 milles. Le brut dépasse les 110 $ et emporte avec lui la facture des ménages : 94 € pour remplir une compacte, 101 € pour un diesel. La facture grimpe plus vite que le SMIC.
Le gouvernement prépare un « plan de réponse intégral », mais déjà évacue la baisse de TVA alimentaire ou les mesures logement. Les souvenirs du bouclier anti-inflation ukrainien – 20 centimes remboursés par l’État – reviennent en cauchemar : 7 milliards déjà absorbés, une facture que la caisse unique espagnole ne peut rééditer sans creuser le déficit sous les 3 %.
Les agriculteurs et les routiers montent au créneau. Le syndicat des transporteurs auto-entrepreneurs prévient : « Si rien ne bouge avant Pâques, les camions restent au garage. » Le pays redoute une répétition de la grève de 2022, quand les supermarchés ont manqué de lait en 48 heures.
Le Parlement devra ratifier le décret d’ici dix jours. Entre-temps, chaque litre distributeur devient un baromètre politique. Et pendant que les partis s’accusent de « spéculer sur la peur », le compteur kilométrique des Espagnols continue de tourner à 1,80 € la minute.
